Alors que l’app Coronalert vient de sortir, la Ligue des droits humains (LDH) se montre inquiète quant au respect des droits fondamentaux et a introduit un recours en annulation au Conseil d’Etat relatif à l’Arrêté de Pouvoirs Spéciaux organisant le tracing. La LDH est consciente de l’impérative nécessité de lutter contre la pandémie et soutient la volonté de mettre en place une stratégie de traçage du virus pour y contribuer. Celle-ci doit cependant être mise en place dans le respect d’un certain nombre de garanties et pour une durée limitée, ce qui n’est pas le cas à ce jour. 

Lundi 28 septembre, Le Soir titrait « La Belgique dégaine l’appli Coronalert, le sésame de son déconfinement ». Depuis, on observe une grande activité communicationnelle des promoteurs de l’application Coronalert sur son haut degré de sécurité informatique et sa conformité au droit à la vie privée, validée – selon ces mêmes promoteurs – par l’Autorité de Protection des Données (APD). Pourtant, de nombreuses questions restent sans réponses.

Une base de données toujours problématique

Pourquoi affirmer que le traçage est anonyme alors que Sciensano dispose d’une base centralisée de données sensibles (contenant les noms, prénoms, symptômes, date du test, résultats et CT scan mais aussi le numéro de téléphone ainsi que le numéro de registre national des individus) permettant des recoupements avec leurs dossiers médicaux ? Une base de données aussi large n’est pourtant pas nécessaire. Preuve en est : le traçage fonctionne parfaitement en Allemagne en l’absence d’une base de données médicale. En outre, rien ne permet de savoir quelle raison justifie de confier la compétence à un obscur comité (le comité de sécurité de l’information) de décider qui pourra avoir accès à quelles données (ou non) et pourquoi.

Rappelons que l’application est complémentaire au traçage manuel et ne le remplace pas. Par ailleurs, les médecins qui prescrivent un test sont obligés de déclarer à Sciensano si le patient a téléchargé l’application ou