Dans cette Chronique
Cette prise de position a été adoptée à l’unanimité par le Conseil d’administration de la Ligue des droits humains en sa séance du 21 novembre 2024.
2 – Le cordon sanitaire, garde-fou de la démocratie
Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits humains
Le cordon sanitaire est un dispositif qui peut se discuter dans son principe et poser des questions délicates dans sa mise en œuvre. Mais les dangers que posent les idées d’extrême droite pour la démocratie sont trop importants pour prendre le risque de se passer de ce garde-fou.
3 – Après les élections, le Nord s’embrunit
Aline Wavreille, chargée de communication à la Ligue des droits humains
Aux dernières élections régionales, fédérales et européennes de juin 2024, puis locales d’octobre dernier, l’extrême droite s’est encore renforcée en Flandre. Le Vlaams Belang a non seulement consolidé sa présence dans les Parlements – européen, régional et fédéral –, mais 2024 verra également le parti d’extrême droite gouverner dans quatre communes flamandes. Quelle est la nouvelle cartographie de l’extrême droite, suite aux derniers coups de sonde de juin et octobre dernier ? Benjamin Biard, chercheur au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), décortique les résultats pour la Chronique.
4 – Trois décennies plus tard : le plan en 70 points du Vlaams Blok
Sibylle Gioe, présidente de la Ligue des droits humains
Une des manières d’analyser un programme politique pour le situer idéologiquement est de le comparer à un référent historique incontestable. Dans le courant des années 1990, le Vlaams Blok a édité un programme visant à « résoudre le problème de l’immigration » qui a suscité l’opprobre généralisée de la classe politique et judiciaire.
Cependant, au fil du temps, de nombreuses mesures et leurs justifications rhétoriques ont fini par être adoptées ou discutées. La lecture du plan en 70 points permet de constater un élargissement de la fenêtre d’Overton, c’est-à-dire du champ des idées acceptables en politique.
5 – Quels mécanismes d’autodéfense contre les partis anti-démocratiques ?
Jérôme Sohier, avocat et maître de conférences à l’ULB / UMONS et Mathieu Dekleermaker, professeur à l’EPHEC
Contrairement à la Belgique, la plupart des États à constitution moderne consacrent l’existence et le rôle des partis politiques. Mais ils se sont également souciés de se protéger contre eux, en tout cas contre ceux qui ne respecteraient pas les règles du jeu de l’ordre démocratique, en prévoyant une « clause d’interdiction » des partis liberticides. L’arsenal juridique belge est-il cependant sans ressources contre les partis « liberticides » ?