Exclure l’ingérence d’autorités extérieures à la profession
Créé en 2009, le CDJ est un mécanisme d’autorégulation, c’est-à-dire une « régulation » de la profession par elle-même, qui exclut la possibilité de toute ingérence de pouvoirs externes, institués ou non, particulièrement celle de l’État. Ce mécanisme s’appuie sur des professionnels (des journalistes, des éditeurs – des responsables de médias –, des rédacteurs en chef) associés à des personnes issues de la société civile. L’instance ainsi composée (20 personnes y siègent à titre effectif, 20 à titre suppléant) édicte les règles s’appliquant à la pratique journalistique et veille à leur respect.
Si elle est professionnelle, la structure est aussi – paradoxalement – indépendante : celles et ceux qui la composent ne représentent pas un média ni un intérêt particulier. Les membres y siègent en effet à titre personnel, dans le souci de la profession. Lorsqu’ils sont directement concernés par un dossier, ils se retirent des discussions (par récusation ou déport).
Le choix de s’autoréguler n’a rien d’une tentative de se soustraire aux responsabilités du métier ni d’une volonté de régler les problèmes de manière corporatiste ou « entre soi ». Il s’agit, pour le secteur, de prévenir l’intervention d’une instance de régulation externe qui, en réponse à l’éventuel manquement d’un seul média, d’un ou d’une seule journaliste, pourrait produire de nouvelles contraintes et brider la liberté et l’indépendance de toute la profession. C’est pourquoi, bien souvent, ce système émerge en réaction à des tentatives d’intervention ou de pression extérieure sur le travail des journalistes. L’existence d’un conseil de presse (l’autre nom des conseils de déontologie) responsabilise les acteurs qui en sont membres au regard d’un socle commun de principes à respecter, analyse et explique les pratiques éventuellement fautives, sans pénaliser tous les acteurs. Les principes fondamentaux du journalisme – indépendance et liberté – sont ainsi préservés.