Bruxelles, le 27 octobre 2026. Sur base d’informations selon lesquelles une cargaison de matériel militaire en provenance du Royaume-Uni devrait transiter par l’aéroport de Liège avant d’être expédiée vers Israël ce mercredi 28 octobre, Amnesty International Belgique (AIB) et la Ligue des droits humains (LDH) font part de toute leur consternation face à ce qui pourrait être une violation flagrante du décret wallon relatif au commerce des armes de 2012 et demandent aux autorités wallonnes de mettre tout en œuvre pour empêcher la livraison de cette cargaison.
Les informations qui ont été transmises aux deux organisations proviennent d’Antigone – Global Justice Initiative, en collaboration avec le Palestinian Youth Movement (PYM), le People’s Embargo for Palestine (PEP) et un chercheur indépendant spécialisé dans le contrôle des armements au sein des UK Quakers. S’appuyant sur ces mêmes informations, Antigone – Global Justice Initiative a déposé une plainte le lundi 26 octobre auprès d’autorités régionales et fédérales belges.
« Si les faits sont avérés, nous sommes potentiellement face à une violation manifeste du décret wallon sur le commerce des armes, lequel précise qu’il est indispensable de disposer d’une licence délivrée par le gouvernement, plus précisément par le ministre-président, pour réaliser une telle opération de transit. Nous attendons maintenant des autorités wallonnes qu’elles fassent montre de la plus grande fermeté en bloquant le matériel militaire qui transiterait à Bierset », expliquent les organisations.
La cargaison dont il est ici question serait constituée de capteurs produits par la société britannique Silvus Technologies (anciennement CRFS) et destinés à l’entreprise Rafael Advanced Defense Systems Ltd, l’une des plus grandes entreprises israéliennes du secteur de l’armement. Cette dernière occupe une place importante dans la fourniture à l’armée israélienne de matériel lui permettant de commettre des crimes de droit international.
Selon les informations transmises à AIB et à la LDH, ces capteurs auraient été transportés par camion jusqu’à Bierset et devaient être expédiés à Tel-Aviv, en Israël, via le vol CHZ600 de Challenge Airlines le 28 octobre à 4 h du matin. À la suite de la plainte déposée le 26 octobre, ce chargement aurait disparu du système de suivi de Challenge Airlines.
« Conformément aux mesures prises par les autorités wallonnes, en coordination avec les autorités fédérales et celles des autres régions du pays, toute licence portant sur du transit de matériel militaire doit systématiquement être refusée lorsque le destinataire final est le gouvernement ou l’armée israélienne, et ce, en raison de la gravité de la situation dans le territoire palestinien occupé », précisent les organisations.
AIB et la LDHrappellent en effet qu’un génocide imputable aux autorités israéliennes est en cours depuis plus de trois ans à Gaza et que les autorités wallonnes ont pris des engagements formels afin de faire respecter les droits humains et le droit humanitaire international.
« Cette nouvelle affaire montre que l’aéroport de Liège demeure une véritable passoire pour le transit d’armes à destination d’Israël, insistent les organisations. Il est du reste intolérable que la responsabilité du contrôle du cadre légal sur le transit soit de facto assurée par des organisations de la société civile. »
Il s’agit de la cinquième plainte déposée contre le transit de matériel militaire vers Israël via l’aéroport de Bierset.
« Ces faits déplorables montrent à quel point le besoin de revoir de fond en comble la réglementation du transit d’armes via la Wallonie est criant. Encore combien de signalements seront nécessaires avant que les autorités wallonnes se saisissent sérieusement de cette question ? Alors que le gouvernement wallon a fait part de son souhait de revoir le décret sur le commerce des armes afin de favoriser les intérêts des entreprises d’armement, il semble que les véritables besoins se trouvent ailleurs, notamment en ce qui concerne le transit », concluent les organisations.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
le Service presse de la section belge francophone d’Amnesty International (0483 00 15 67) ;
Manuel Lambert, LDH (0479 86 90 81) ;
Hans Lammerant, Antigone – Global Justice Initiative (0486 60 97 06).