En examinant les atteintes les plus significatives à la justice, à la lutte contre la corruption, à la liberté des médias et aux mécanismes de contre-pouvoirs dans l’Union européenne (UE) en 2025, le Rapport Liberties sur l’État de droit 2026 constate que la stagnation est la tendance dominante en matière d’État de droit, avec des progrès très limités parmi les États membres. Le rapport conclut que les mécanismes de l’UE visant à enrayer le déclin de l’État de droit sont largement inefficaces : malgré quatre années de recommandations de la Commission européenne, la plupart des États membres n’ont pas réussi à transformer ces orientations en actions concrètes.
Désormais dans sa septième édition depuis 2020, ce rapport, coordonné par la Civil Liberties Union for Europe (Liberties), constitue à ce jour l’évaluation indépendante la plus approfondie des libertés civiles et de l’État de droit dans l’UE. Ses conclusions alimentent directement le cycle de suivi de l’État de droit de la Commission européenne, avec la contribution d’organisations partenaires apportant des analyses locales lors des visites annuelles par pays.
S’appuyant sur des données issues d’une collaboration entre 40 organisations de défense des droits humains dans 22 pays de l’UE, ce rapport de plus de 800 pages met en évidence une érosion grave et délibérée de l’état de droit dans cinq pays — la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, l’Italie et la Slovaquie — et montre que même des démocraties historiquement solides, notamment la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne et la Suède, connaissent un recul.