La Ligue des droits humains fête ses 125 ans ! Plus d’un siècle de combats pour les droits humains. Cet anniversaire survient à un moment où les édifices qui protègent les droits humains, comme le droit européen et le droit international, se fissurent, où en Belgique les atteintes à l’État de droit ne se comptent plus, où les contre-pouvoirs sont régulièrement attaqués. À l’occasion de ses 125 ans, la Ligue des droits humains rappelle la nécessité de protéger avec force chaque parcelle des droits fondamentaux.
Une fête, sur le qui-vive
La Ligue des droits humains fête ses 125 ans ! Une longue histoire traversée par les combats contre les injustices, les totalitarismes, le racisme et l’exclusion. 125 ans de combats, de plaidoyers, de formations, de manifestations et de recours en justice. Autant de luttes menées par des milliers de personnes, bénévoles ou non, qui ont consacré et consacrent encore une énergie incroyable à défendre les droits humains.
Une fête, mais sur le qui-vive. Ce jalon des 125 ans survient dans un contexte de montée de l’extrême droite et de populisme, particulièrement inquiétant : l’architecture des droits humains qui s’est construite en réponse à la Shoah et à la Seconde guerre mondiale pour protéger tous les êtres humains s’érode aujourd’hui, est ignorée, voire parfois même vue comme un frein à contourner par certains gouvernements.
En juillet 2025, le Premier ministre Bart De Wever avait affirmé “ nos droits fondamentaux ne peuvent jamais être utilisés pour porter atteinte aux fondements d’une société libre et ouverte ”. Avec d’autres dirigeant·es européens, il était à l’initiative de la lettre ouverte critiquant la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme en matière de politique migratoire. Pour ce gouvernement, les droits humains deviennent une simple variable d’ajustement, ce qui est dangereux.
“ Les droits humains ne sont jamais acquis ”
Dans ce contexte marqué par les replis identitaires, les discours de haine, les atteintes à l’État de droit, les inégalités sociales croissantes et les menaces contre les libertés fondamentales, « la Ligue des droits humains agit depuis des décennies comme un repère, selon Sibylle Gioe, actuelle présidente de la LDH. Par nos analyses, nos recommandations, nos recours en justice ou nos formations nous promouvons et défendons de manière active et rigoureuse le cadre de la démocratie et de l’État de droit ».
“ La mission de la Ligue des droits humains demeure plus indispensable que jamais ”, souligne Françoise Tulkens, ancienne présidente de la Ligue des droits humains et ancienne vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme.
“ La Ligue agit concrètement, elle rappelle que la démocratie ne se résume pas à des institutions : elle vit dans le respect concret de chaque personne, dans l’accès à la justice, dans la protection des plus vulnérables, dans le refus de toutes les discriminations ”.