CONSENSUS ? CHECK !
Lors du dernier processus de rapportage vers le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (ci-après « le Comité »), les jeunes participant à la session de la Belgique ont fait du renforcement de l’EDE en Belgique l’une de leurs recommandations prioritaires, en pointant la méconnaissance des enfants au sujet de leurs droits. Cette demande fut largement soutenue par les acteurices de la société civile (dont la CODE) participant à cette même session. Fort des constats partagés par les enfants et les jeunes, le Comité a attiré l’attention des autorités belges à ce sujet, dans ses dernières recommandations adressées à la Belgique[1].
L’importance de l’EDE – des enfants mais aussi des adultes ! – semble par ailleurs faire consensus. Depuis près de deux décennies, la CODE plaide pour une implémentation transversale de l’EDE dans les écoles, ainsi que pour un renforcement de la formation aux droits de l’enfant des professionnel·les de l’enfance et de la jeunesse. Durant tout ce temps, aucun détracteur ne s’est jamais manifesté. Les enjeux sont reconnus par toutes celles et ceux qui s’y intéressent : les enfants – informé·es de leurs droits et de la nature de ces droits – développent les attitudes et les valeurs qui sous-tendent la démocratie et la citoyenneté et deviennent capables d’agir positivement pour protéger leurs droits et les droits des autres. S’appuyant sur les principes de la CIDE, l’EDE renforce également la participation des enfants aux processus décisionnels démocratiques. Des enjeux existent également à d’autres niveaux : climat scolaire, bien-être, cohésion et justice sociales, lutte contre les discriminations, etc.
L’EDE – des enfants et des adultes – ne se limite donc pas au fait d’être conscient des droits de l’enfant mais permet d’agir pour la défense et contre la violation de ces droits. Ce qui est plus que jamais nécessaire… En effet, de nombreux et récents rapports internationaux et nationaux portant sur la situation des enfants et de leurs droits indiquent qu’un nombre trop important de ces droits ne sont pas respectés ou le sont de manière insuffisante. Concernant la situation des droits de l’enfant en Belgique, le récent mémorandum des acteurs des droits de l’enfant « Prendre le parti des enfants »[2], publié en amont des élections fédérales, régionales et communautaires de juin 2024, souligne certains des plus importants défis auxquels fait face notre pays en termes de respect des droits de l’enfant. Parmi quelques chiffres : 1 enfant sur 5 est touché par la pauvreté et l’exclusion sociale en Belgique ; selon le Conseil de l’Europe, 1 enfant sur 5 est victime d’abus sexuels ; chaque année, un nombre d’enfants indéterminé est hébergé à l’hôpital, alors qu’ils n’ont pas besoin de soins, et cela faute de places en familles d’accueil ou dans les services de l’Aide à la jeunesse ; la Belgique a, à plusieurs reprises, fait un bond en arrière dans son engagement en faveur du respect des droits de l’enfant en autorisant la détention de mineurs… Et la liste est encore longue.
Le droit à une vie digne, à la protection, ou encore de vivre en famille… Connaitre l’étendue des droits de l’enfant est une chose. Être en mesure de les revendiquer et de les défendre en est une autre. C’est ce qui fait toute la différence entre l’enseignement des droits de l’enfant et l’éducation aux droits de l’enfant.