1901-1954 : La préhistoire

Le 8 mai 1901, est créée à Bruxelles une “Ligue Belge des Droits de l’Homme”, sur l’initiative de Eugène MONSEUR, grammairien et professeur à la Faculté de Lettres de l’Université Libre de Bruxelles.

L’absence de sources relatives à cette période ne permet pas d’avoir une idée très précise du fonctionnement de l’association. Toutefois, il est certain qu’elle se forme dans le sillage immédiat de la “Ligue des Droits de l’Homme” qui était apparue en France en 1898 dans la tourmente de l’affaire Dreyfus. La petite sœur belge est alors composée de notables parmi lesquels on retrouve des politiciens, des avocats et des professeurs d’université.

L’organisation est une première fois dissoute durant la Première Guerre Mondiale mais se reforme au début des années vingt, sous l’appellation de “Ligue Belge pour la Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen”. Elle semble connaître son apogée dans le courant des années trente sous la présidence d’Emile VANDERVELDE, grand acteur de la vie politique belge et du socialisme d’avant-guerre. Si, au niveau national il ne demeure de traces que d’actions d’aides individuelles, son activité à l’échelle internationale a plus de rayonnement. Elle lutte fermement contre la montée du nazisme, tant par l’organisation de manifestations que par l’accueil de réfugiés politiques. Pour optimiser ses démarches, elle agit en concertation avec la “Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme” (F.I.D.H.) et le gouvernement belge. Influencée par la forte personnalité de son Président, elle est présentée dans la presse comme “oublieuse de son but” et semble perçue par une frange de la population comme une “organisation partisane”. Avec une telle réputation, il n’est pas étonnant que lors de l’invasion de la Belgique en 1940, l’occupant saisisse les archives de la Ligue après avoir interdit son activité.

Lire « The Belgian League for Human Rights. A First Outline for Future Research », extrait de l’ouvrage Human Rights Leagues in Europe (1898–2016)