Régine Orfinger-Karlin
Née dans les années 1910, Régine Orfinger-Karlin fut la deuxième femme inscrite au barreau d’Anvers. Rayée du barreau avant la guerre parce qu’elle était juive, elle entra dans la résistance après la dénonciation qui conduisit à l’exécution de son mari. Après la guerre, elle participera à la refondation de la Ligue belge des droits de l’Homme.
C’est à cette figure emblématique de la résistance, militante féministe et antiraciste, que la LDH a choisi de rendre hommage en récompensant d’un prix à son nom une personne ou une association qui s’est distinguée par son action militante en faveur de la promotion des droits humains.
Pourquoi un prix en son honneur
La LDH a choisi d’honorer Régine Orfinger-Karlin car son parcours incarne les valeurs fondamentales de l’association : résistance face à l’injustice, engagement féministe et antiraciste, et reconstruction collective. Avocate pionnière, exclue du barreau pour son origine juive puis résistante après l’exécution de son mari, elle a lutté toute sa vie contre les discriminations. Après-guerre, elle a contribué à refonder la Ligue belge des droits de l’Homme, montrant que la défense des droits passe aussi par l’action et la transmission. Aujourd’hui, son héritage inspire la LDH à poursuivre le combat pour la justice, l’égalité et la dignité de tous, en récompensant chaque année des actions qui perpétuent son esprit de résistance et de solidarité.
Dernière édition (2024) – La Ligue des travailleuses domestiques de la CSC
La Ligue des droits humains a récompensé la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC, un groupe de femmes sans-papiers qui exercent un travail domestique en région bruxelloise. S’occupant notamment d’enfants et de personnes âgées, et répondant à une pénurie de services à la personne, elles cumulent plusieurs discriminations du fait d’être femme, femme migrante et pauvre.
Bas les Masques (2020)
Bas les Masques est un groupement de couturier·ère·s, bénévoles et professionnel·le·s, dont l’objectif est d’interpeller les pouvoirs publics et la population sur la question de la confection de masques pour les soignant·e·s et le public, afin que ce travail soit reconnu et valorisé.
Aquarelle (2018)
Cette association propose un accompagnement à la naissance pour des femmes enceintes précarisées ou sans couverture sociale,notamment issues de l’immigration (en collaboration avec la consultation prénatale et la maternité du CHU Saint-Pierre de Bruxelles et les consultations des nourrissons de l’ONE et de Kind en Gezin). Elle permet ainsi à des femmes fragilisées et hors du système de santé publique de donner la vie dans des conditions dignes et avec un accompagnement effectif.
Brussels Boxing Academy (2016)
La Brussels Boxing Academy est un club de boxe qui, par son travail de mise en confiance et d’émancipation des jeunes issu·e·s de quartiers difficiles, agit comme un antipoison contre le radicalisme en en permettant aux jeunes de s’investir collectivement dans une activité sportive qui favorise le lien social et leur estime de soi.
Collectif « Les Morts de la Rue » (2014)
Ce collectif, né en 2004, réunit d’ancien·ne·s habitant·e·s de la rue et des associations qui agissent ensemble pour prendre connaissance des décès des personnes ayant connu la rue, informer celles et ceux qui les ont connu·e·s, veiller à la dignité de leurs funérailles et leur rendre hommage collectivement, une fois par an.
Intact (2012)
Crée en 2009, l’asbl INTACT offre un point d’appui juridique sur les mutilations génitales féminines et autres pratiques traditionnelles néfastes. Une de ces missions consiste à protéger tout enfant à risque.
Les catacombes (2010)
L’association Les Catacombes est une Communauté de base, membre du réseau P.A.V.E.S, des Chrétiens réformateurs promouvant les libertés et les droits humains. Ses membres se mobilisent autour des difficultés suscitées par un séjour carcéral et organise une maison communautaire qui accueille des personnes isolées en quête d’hébergement lors de leur congé pénitentiaire ou après leur libération.
Quartier-midi (2008)
La Ligue des droits de l’Homme a pris connaissance du combat mené par le Quartier midi, à l’occasion d’une décision rendue par le juge de paix de Saint-Gilles en mai 2007. Dans un arrêt particulièrement interpellant, celui-ci se référait à la violation par la Région bruxelloise de toute une série de droits fondamentaux du plaignant – un propriétaire exproprié.
Bob le Précaire (2006)
Bob le Précaire, par son action, met en lumière le fait que l’isolement des travailleur·se·s et l’absence de contacts et d’échanges d’informations entre les employé·e·s déséquilibre le rapport de force avec l’employeur·se et, conséquemment, favorisent la création d’emplois précaires, rendant difficilement envisageable la construction de projets de vie voire, plus dramatiquement encore, l’accès à un quotidien tout simplement décent.
Vent Sauvage (2004)
Edition spéciale du Prix Orfinger-Karlin (voir le dossier de presse consacré à Bob le précaire) : remise d’un prix de 2500 euros doté par la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’association « Vent Sauvage » pour son projet de lutte contre les violences à l’égard des femmes.
Denis Artiges et Marc Schaus (2002)
En 2002, le prix a récompensé un projet de film documentaire sur la réinsertion des personnes sortant de prison.
Action Birmanie (2000)
L’édition 2000 a récompensé le collectif Action Birmanie (des étudiant·e·s de l’UCL qui militent contre les activités de Total Fina en Birmanie).
Collectif contre les expulsions & l’Autre lieu (1998)
En 1998, le prix fut attribué conjointement au Collectif contre les expulsions ainsi qu’à une communauté peule parrainée par l’asbl « l’Autre lieu », maison d’accueil pour personnes atteintes de troubles de santé mentale.
Nabela Benaïssa (1996)
Lors de la première édition en 1996, un groupe d’avocat·e·s présenta la candidature de Nabela Benaïssa qui remporta le prix.