Les droits humains, c’est mon genre !

Le 10 décembre, la Déclaration universelle des droits de l’Homme souffle ses 70 bougies.
Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, il nous semble essentiel de rappeler ce que contient cette Déclaration historique.

J-1 : Le décompte prend fin avec l’article 1er porté par Olivia Venet, avocate et présidente de la LDH. Tout au long de cette campagne, vous étiez nombreux•ses à nous interpeller (via les commentaires notamment) sur l’importance des devoirs, comparativement aux droits. L’article premier pose le principe fondamental de la dignité de tout être humain et rappelle l’un de nos devoirs les plus essentiels : celui d’agir dans un esprit de fraternité. Car si les droits sont importants, la solidarité, la fraternité et la bienveillance le sont tout autant. À travers nos combats quotidiens pour le respect des droits humains, ce sont aussi ces valeurs fondamentales que nous souhaitons défendre. Les plus attentives et attentifs d’entre vous auront remarqué que le titre de la Déclaration contient les termes « droits de l’homme » alors que l’article 1er se réfère aux « êtres humains ». Voilà un sacré indice pour notre nouveau nom !

J-2 : Nous avons le plaisir de recevoir le soutien de Cécile Djunga pour porter l’article 2. Cécile est comédienne, humoriste, animatrice et présente la météo à la RTBF. Il y a quelques mois, elle publiait une vidéo sur son compte Facebook dans laquelle elle racontait être la cible de messages racistes, notamment depuis qu’elle présente la météo. Un an d’insultes et un cri du cœur pour Cécile Djunga. Suite à cette vidéo devenue virale, Cécile a reçu de nombreux messages de soutien et d’indignation. Mais comme beaucoup de personnes, elle continue à recevoir des insultes racistes. Malgré tout Cécile ne perd pas courage et croit au pouvoir de l’énergie collective. Ces insultes et les trop nombreux cas de discriminations qui subsistent en Belgique nous rappellent l’importance de l’universalité de nos droits fondamentaux. Etablir l’universalité de ces droits, c’est s’affranchir de l’arbitraire du pouvoir. C’est viser un monde plus juste, un monde égalitaire et équitable. Un monde où tous les individus seraient protégés et se sentiraient concernés par les droits humains.

J-3 : Nous avons le plaisir de recevoir le soutien de la chanteuse ANGELE et du rappeur Roméo Elvis pour porter l’Article 3. Frère et sœur, ces incontournables artistes de la scène musicale belge nous rappellent qu’être jeune et s’engager pour les droits humains, ça peut aller de pair ! L’article 3 établit les droits les plus élémentaires : le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité. Le droit à la vie c’est le droit de ne pas être tué·e. Le droit à la liberté c’est le droit d’agir selon sa volonté, tout en respectant la loi et les droits d’autrui. C’est le droit de penser, de s’exprimer, de créer, d’aimer, de circuler, de croire ou de ne pas croire, d’entreprendre, de débattre, de se réunir, de manifester pacifiquement et bien d’autres choses encore. Le droit à la sécurité, c’est la protection contre la violence, le danger ou les menaces. C’est aussi la garantie dont dispose chaque être humain contre l’arbitraire du pouvoir : une arrestation, une détention ou une condamnation injustifiées. L’histoire et l’actualité nous enseignent que le mépris des droits humains mène à la violence, au malheur du plus grand nombre. En ces temps d’incertitudes, nous voudrions réaffirmer et souligner que le respect des droits fondamentaux est dans l’intérêt de toutes et tous. Défendre le droits humains, c’est lutter pour un monde meilleur.

J-4 : C’est au tour de l’article 4, porté par des membres du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations. La perspective décoloniale et panafricaine dans laquelle s’inscrit ce Collectif nous invite à relire l’Histoire des droits humains en tenant compte des critiques anti-coloniales de ce texte. Il y a 70 ans, alors que l’Assemblée Générale de l’ONU célébrait l’universalité des droits de l’Homme, un grand nombre de pays dont le Congo belge luttaient toujours pour leur indépendance. Les discussions autour de la rédaction de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981) nous rappellent que les droits fondamentaux ne sont pas l’apanage des pays dits occidentaux. Aujourd’hui, les effets de l’histoire coloniale belge persistent dans les mémoires et dans une série de discriminations qui sont autant d’obstacles à l’effectivité des droits. Les luttes contre le contrôle au faciès, pour la décolonisation de l’espace public et de l’Histoire à l’école, ou encore contre le racisme structurel dans la société sont autant de preuves de la nécessité de collectifs représentant les personnes noires en Belgique et en Europe. Dans quelques jours, l’AfricaMuseum Belgique ouvrira ses portes après une rénovation de plusieurs années. Ce musée se veut un lieu de mémoire sur le passé colonial et « une plateforme dynamique d’échange et de dialogue entre les cultures et entre les générations ». La LDH salue cette volonté de travailler sur la mémoire, étape indispensable pour mieux comprendre le présent. Car si l’histoire esclavagiste et coloniale a de nombreuses conséquences sur les discriminations raciales aujourd’hui, l’esclavage moderne reste un problème en Belgique. Les réseaux de traite des êtres humains exploitent encore des milliers de personnes dans des filières de prostitution, de l’horeca, du bâtiment ou du travail domestique. Au mépris des droits humains les plus élémentaires.

J-5 : L’article 5 est porté par Jean-marc Mahy Educ’acteur. Si les faits de torture sont rares dans notre pays, ce n’est malheureusement pas le cas des traitements cruels, inhumains ou dégradants. La Belgique a été condamnée à de nombreuses reprises pour des cas de violences policières ou de mauvais traitements infligés à des migrant·e·s en centres fermés ou lors des expulsions. Mais le secteur où ces condamnations sont les plus nombreuses est sans conteste celui des prisons. En effet, si les condamnations se multiplient ces dernières années, la situation sur le terrain ne change pas : des hommes et des femmes sont au quotidien victimes de traitements dégradants. Jean-Marc Mahy a connu les traitements inhumains et dégradants. Et même plus. De très près. Détenu pendant dix-huit ans, dix mois et dix-sept jours, après dix ans en liberté sous conditions, après trois longues années en isolement total, Jean-Marc Mahy est toujours un homme debout, qui témoigne aujourd’hui, à travers le théâtre notamment. Seul sur scène, il raconte la prison, les humiliations, l’isolement, la folie qui guette et ces petits riens auxquels on s’accroche pour ne pas sombrer. Ses objectifs : témoigner, dénoncer, faire en sorte que la jeunesse ne connaisse jamais son expérience et que des ex-détenu·e·s s’en sortent une fois « sorti·e·s ». Etre condamné·e à purger une peine est une chose, subir ce type de traitements en est une autre. La LDH se bat aux côtés d’autres acteurs pour que les droits des détenu·e·s soient respectés.

J-6 : L’article 6 est porté par Rabia, membre de la Coordination des sans-papiers de Belgique. La personnalité juridique est la capacité d’une personne à être sujet de droit : se voir reconnaître des droits, avec la capacité de les exercer, mais aussi avoir des obligations. En pratique, la personnalité juridique permet aux personnes de faire valoir leurs droits. Rédigé juste après la deuxième guerre mondiale, cet article visait historiquement le génocide des Juifs et des Tziganes et les mécanismes qui avaient dénié la personnalité juridique à des millions de personnes. Dans le même temps, certains Etats signataires de la Déclaration universelle des droits de l’Homme limitaient la personnalité juridique des populations des pays qu’elles avaient colonisés. Aujourd’hui, en Belgique, les personnes sans-papiers disposent de la personnalité juridique mais ses effets sont limités. Par exemple, une femme sans-papiers battue par son compagnon hésitera à porter plainte parce que le simple fait d’être sans-papiers est encore un délit. La LDH réclame d’ailleurs depuis longtemps son abrogation. Porter plainte pour violence auprès de la police lui ferait donc prendre le risque d’être arrêtée, de recevoir un ordre de quitter le territoire et d’être placée en centre fermé en vue de son expulsion. Il en va de même pour les personnes sans-papiers victimes de violations de leurs droits du travail, de vols ou d’autres types de violences. En d’autres termes, la criminalisation de leur statut entraîne le non-respect de leurs droits fondamentaux. Avec de nombreuses personnes, collectifs et associations dont la LDH, Rabia milite depuis plusieurs années pour la régularisation des sans-papiers et le respect de leurs droits humains.

J-7 : C’est au tour du 7ème article porté par Amal Amjahid. Du haut de ses 23 ans, cette jeune Molenbeekoise est championne du monde de jiu-jitsu brésilien. Pour Amal, le sport c’est une chose mais ce n’est pas son principal moteur. Ce qui compte avant tout, c’est l’image et l’inspiration qu’elle peut insuffler chez les jeunes. En particulier ces jeunes qui, de par leurs origines sociales, leur genre, leur couleur de peau ou encore leur quartier, sont victimes de discriminations. De notre côté, nous luttons contre ces discriminations et travaillons quotidiennement pour voir arriver le jour où les stades et les bars seront remplis quand les Belgian Red Flames joueront un match, le jour où les contrôles au faciès ne seront qu’un lointain souvenir obscur, le jour où les femmes auront accès à des salaires et des positions identiques aux hommes, le jour où le congé de paternité sera égal au congé de maternité. Quant au jour où la Ligue des droits de l’Homme deviendra la Ligue des Droits Humains, celui-là arrive à grands pas.

J-8 : C’est au tour du 8ème article, porté par Cécile Ghymers et Marie-Pierre de Buisseret, toutes deux avocates et coprésidentes de la Commission Droit des étrangers de la LDH. Cette Commission est un groupe de travail composé de personnes-ressources en matière migratoire. La LDH comprend 7 commissions de ce genre (droits économiques, sociaux et culturels, jeunesse, justice, psychiatrie, prison, nouvelles technologies et vie privée) et travaille au quotidien avec de nombreux bénévoles et personnes-ressources qui lui permettent de défendre les droits fondamentaux en Belgique. Par ailleurs, pour mener des actions en justice toujours plus nombreuses, la LDH peut compter sur le travail conséquent d’un Pool d’avocates et d’avocats. Qu’il s’agisse de faire des interventions, de mener des études de fond ou de rédiger des recours devant la Cour constitutionnelle ou le Conseil d’Etat, les bénévoles de la LDH répondent toujours présent·e·s et sont tout simplement indispensables. Nous profitons de cette occasion pour les remercier toutes et tous chaleureusement !

J-9 : C’est au tour du 9ème article, porté par Vania Frydman et Siegi Hirsch. Tous deux déportés à Auschwitz parce que Juifs, ils sont parmi les derniers témoins directs des camps nazis. À leur retour en Belgique, alors que le drame de la Shoah allait directement influencer le texte de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948, Siegi et Vania ont fait preuve d’une résilience et d’une générosité hors du commun : par leur action sociale et engagée, notamment dans des homes pour enfants dont la famille avait été exterminée dans les camps, ils ont aidé de nombreuses victimes à se reconnecter à la vie. Dans les années cinquante, Vania, assistante sociale de formation, a travaillé en tant qu’aide aux victimes de la guerre. Siegi a quant à lui développé une pratique de psychothérapie familiale et de formation autour des questions de transmission générationnelle et de traumatisme. Reconnu internationalement, il a été désigné « Mensch de l’année » par le Centre Communautaire Laïc Juif en 2002 et Docteur Honoris Causa de l’ULB – Université libre de Bruxelles 2018. À 90 ans passés, Siegi et Vania n’ont rien perdu de leur humanité, de leur générosité ni de leur humour.

J-10 : C’est au tour du 10ème article, porté par Salvatore Adamo. L’accès à la justice est un principe fondamental de l’État de droit. En son absence, les citoyen·ne·s ne peuvent se faire entendre, exercer leurs droits, contester les mesures discriminatoires ni engager la responsabilité des autorités publiques. L’État de droit et l’accès à la justice sont donc les deux faces d’une même pièce. C’est précisément cette soumission de l’État au droit qui caractérise ce système. Le droit de tou·te·s d’accéder à la justice doit être concret et effectif pour garantir l’égalité et le respect de la loi. Salvatore Adamo, de par son histoire personnelle, son engagement discret mais sincère, sa simplicité autant que sa modestie, incarne cet idéal de justice pour toutes et tous, qui invite à permettre à tous les individus, même les plus vulnérables, de bénéficier d’une justice accessible, équitable et indépendante.

J-11 : C’est au tour du 11ème article, porté par David Murgia. David est comédien et auteur, membre fondateur du Collectif Raoul. À travers des spectacles captivants (dont « Discours à la nation » et « Laïka », écrits et mis en scène par Ascanio Celestini), David questionne et bouscule les représentations du monde qui nous entoure. Avec poésie et humanité, il aborde des sujets tels que les inégalités sociales, le pouvoir, l’indifférence ou le capitalisme. Bourré de talent, mais pas seulement ! David est aussi et surtout un citoyen engagé. Aujourd’hui, il apporte son soutien à ce droit fondamental qu’est la présomption d’innocence. La présomption d’innocence, c’est le principe selon lequel toute personne, qui se voit reprocher une infraction, doit être considérée comme innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement démontrée. À l’heure où l’information devient de plus en plus rapide tout en restant parfois difficilement vérifiable, ce droit fondamental est à protéger avec soin.

J-12 : C’est au tour du 12ème article, porté par des membres de l’association Genres Pluriels et de la RainbowHouse BrusselsGenres Pluriels est une association qui défend l’égalité et l’inclusion et lutte contre les discriminations à l’encontre des personnes transgenres/aux genres fluides (personnes en transition, drag kings/drag queens, travesti·e·s, butchs, androgynes, queer, etc.) et intersexes. La RainbowHouse Brussels abrite quant à elle différentes associations francophones et néerlandophones LGBTQI (Lesbiennes, Gayes, Bisexuel(le)s, Transgenres, Queer, Intersexes). C’est un lieu où toutes ces personnes et leurs ami·e·s peuvent recevoir des informations, bénéficier d’un accueil chaleureux ou simplement se rencontrer. Le droit à la vie privée inclut celui de se déterminer de manière autonome, dans son identité de genre et ses préférences sexuelles, sans avoir à se justifier. Il est encore fréquent que les droits des personnes trans* ne soient pas respectés, en particulier par l’obligation d’informer de son identité de genre (par exemple lors d’entretien d’embauche ou dans divers documents administratifs). Le slogan de notre campagne « Les droits humains, c’est mon genre ! » n’a pas été choisi par hasard. Par ces mots, nous souhaitons notamment réaffirmer notre soutien aux personnes LGBTQI et notre volonté de lutter pour le respect de leurs droits fondamentaux et contre toute forme de discrimination !

J-13 : L’article 13 est porté par Mehdi Kassou et Adriana Costa Santos. Avec l’aide de nombreuses personnes, Mehdi et Adriana ont rejoint la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés Bruxelles en 2014. Adriana se trouve au parc Maximilien, où chaque soir des bénévoles organisent le dispatching de centaines de migrant·e·s chez des personnes prêtes à les accueillir. De son côté, Mehdi se trouve à la Porte d’Ulysse, un centre d’hébergement qui accueille chaque soir plus de 300 personnes. Aujourd’hui la Plateforme compte près de 50.000 membres : des milliers de personnes qui ont choisi d’agir pour pallier aux manquements de l’Etat et offrir un accueil digne et humain aux réfugié·e·s et migrant·e·s. Des milliers de personnes qui ont choisi d’aller vers l’autre, de lui tendre la main, de lui offrir un moment de partage, un lit, un repas, un sourire ou une oreille bienveillante. Des milliers de personnes engagées, mobilisées et solidaires qui refusent que la dignité des un·e·s soit conditionnée par la peur des autres. Parce qu’il est plus que temps que l’Etat belge envisage la migration autrement que sous l’angle sécuritaire.

J-14 : C’est au tour du 14ème article, porté par Anas, Rania et leurs enfants. Il y a quatre ans, l’immeuble où habitait cette famille syrienne a été la cible de bombardements. Réveillé·e·s en pleine nuit par le vacarme de la démolition, Anas et Rania ont parcouru l’appartement en panique. Tous les enfants étaient encore en vie. Face à ce danger devenu imminent, Rania et Anas ont décidé de prendre la route de l’exode. Arrivé·e·s en Belgique il y a trois ans, ils ont obtenu le statut de réfugié. Aujourd’hui, la famille se fait une place dans sa nouvelle ville, Nivelles, et s’inscrit dans un réseau de citoyen·ne·s actif·ve·s : ateliers cuisines, échanges interculturels, couture, aides aux devoirs, stage d’été. Cette possibilité de retrouver une vie sereine après avoir traversé le pire n’est pas qu’une chance, c’est avant tout un droit.

J-15 : C’est au tour du 15ème article, porté par Charlotte Abramow PHOTOGRAPHY. Charlotte, c’est cette jeune et talentueuse photographe qui s’est donné pour leitmotiv de « raconter l’humain de manière poétique et métaphorique ». Et elle est y parvient avec brio ! Ses photos inspirées du surréalisme sont des hommages à la diversité des corps et des genres. Dans son dernier livre « Maurice – Tristesse et Rigolade », Charlotte raconte en photos le parcours de son père qui a traversé un cancer et un coma. Né apatride dans une famille juive à Anvers en 1932, Maurice vivra son enfance sous une autre identité pour échapper aux griffes du nazisme. Il n’obtiendra la nationalité belge qu’à l’âge de 21 ans. Une histoire qui résonne encore aujourd’hui…

J-16 : À la veille de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, c’est aujourd’hui le tour du 16ème article, porté par des membres du GAMS Be, une association qui lutte contre les mutilations génitales féminines. Mariage forcé, violences sexuelles en tous genres, mutilations génitales, les femmes sont encore trop souvent confrontées à des violences, même sous nos latitudes. La LDH apporte son soutien à toutes les personnes qui luttent pour une amélioration de la santé et le respect des droits sexuels et reproductifs. Parce que le respect des droits humains passe aussi et surtout par le respect des corps.

J-17 : C’est au tour du 17ème article porté par Laurent d’Ursel. Artiste, Laurent est aussi le cofondateur de DoucheFLux, une association située près de la gare du Midi à Bruxelles qui a pour objectif de « permettre aux précaires de se refaire une beauté et de redresser la tête ». Comment ? En mettant à leur disposition des douches, des machines à laver mais aussi une bibliothèque, des consultations médico-psychologiques, un cinéclub et bien d’autres choses. Une manière d’aider à la réinsertion, de redonner énergie, dignité et estime de soi aux personnes qui en ont besoin. Comme l’équipe de DoucheFlux et des nombreuses associations actives contre le sans-abrisme, la LDH plaide pour une politique intégrée, cohérente et ambitieuse de lutte contre la précarité. Une politique plus respectueuse des droits humains, qui s’attaquerait davantage aux causes plutôt qu’aux conséquences !

J-18 : Le 18ème article est porté par Mustapha Chairi, président du CCIB – Collectif Contre l’Islamophobie en Belgique asbl. Le CCIB est une association constituée de militant·e·s antiracistes qui agit dans les trois régions du pays. Elle organise des formations, conférences et campagnes d’informations pour sensibiliser les citoyen·ne·s à cette forme spécifique de racisme et aux différentes manières de la combattre. Il est essentiel de veiller à ce que les personnes de confession musulmane restent libres de pratiquer pacifiquement leur religion sans être victimes de discrimination ou d’actes islamophobes, en particulier dans un contexte post-attentats et de montée des nationalismes et des replis identitaires. Parce que nous avons tout à gagner à vivre dans une société plus inclusive et plus respectueuse !

J-19 : Le 19ème article est porté par Thomas Gunzig. Après avoir travaillé 10 ans en tant que libraire, Thomas est aujourd’hui écrivain, auteur de pièces de théâtre, chroniqueur sur La Première – RTBF, professeur de littérature, scénariste, nouvelliste, photographe, papa, karatéka. Bref, Thomas touche à tout. La liberté d’expression, il l’utilise tous les jours à travers sa plume acérée mais pleine d’humour. Sans liberté d’expression, sans pensées iconoclastes et sans subversion artistique, pas de démocratie digne de ce nom !

J-20 : Le 20ème article est porté par Hannane El. Hannane c’est cette citoyenne formidable qui cuisine tous les soirs pour plus de 300 personnes venues chercher refuge à la Porte d’Ulysse, un centre d’hébergement pour migrants et réfugiés. Et elle n’est pas seule. Partout en Belgique, des personnes se mobilisent au sein d’associations et de collectifs de toutes sortes : initiatives de quartiers, potagers collectifs, achats groupés et circuits courts, épiceries sociales, bar à soupes, soutien scolaire, aide aux personnes dans le besoin, accompagnement de personnes migrantes, il y a tellement de beaux projets qu’on ne saurait tous les citer. Tou·te·s ces citoyen·ne·s ont décidé de se bouger, d’agir, de donner de leur temps sans attendre que la solution vienne d’ailleurs. Aujourd’hui, la LDH souhaite rendre hommage à tou·te·s s ces miltant·e·s de l’ombre qui œuvrent pour un monde meilleur, plus respectueux des droits humains.

J-21 : C’est au tour du 21ème article, porté par Olivier De Schutter. Ancien secrétaire général de la LDH, ex-rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter est professeur de droit international à l’UCLouvain et membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU. Pour lui, le droit de participer aux affaires publiques ne se réduit pas au fait de voter. Expert de renommée mondiale, il s’implique également dans des initiatives citoyennes locales, en particulier en matière de transition écologique, qui tentent de faire bouger les choses pour mieux vivre demain! Comme lui, nous sommes convaincu·e·s que l’innovation politique peut venir des citoyen·ne·s et qu’il est donc indispensable de les soutenir ! 

J-22 : C’est au tour du 22ème article, porté par Christine Mahy. Assistance sociale de formation, Christine a fait de la lutte contre la pauvreté son combat quotidien. En tant que Secrétaire générale du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, elle parvient, de manière simple et concrète, à faire percevoir ce que vivent et ressentent les personnes en situation de pauvreté. Son humanité et sa détermination envers les plus vulnérables en font une militante admirable.

J-23 : C’est au tour du 23ème article, porté par Karim Brikci-Nigassa. Brancardier dans un hôpital depuis une dizaine d’années, Karim est confronté tous les jours à la précarité et à la dégradation des conditions de travail. Militant syndical de terrain, il se mobilise pour faire valoir les intérêts des travailleur·euse·s et défendre leurs droits. Et son combat ne s’arrête pas là : après son travail, Karim attrape son appareil photo pour contribuer au Krasnyi Collective. L’objet de ce collectif : traiter l’information autrement et relayer les luttes sociales en Belgique et ailleurs. Leur liberté d’expression intervient comme un moyen fondamental dans la lutte pour le respect du droit du travail ! Militance syndicale, travail de première ligne et photoreporter, Karim, c’est trois vies engagées pour le prix d’une.

J-24 : Le 24ème article (en version simplifiée) est porté par des membres du collectif Massimadi Bruxelles – Festival des films LGBT d’Afrique et de ses diasporas. Chaque année, ce collectif met sur pied le Festival Massimadi, un festival de films LGBT+ (lesbiennes, gays, bisexuel·le·s et transgenres) d’Afrique et de ses diasporas. Avec créativité (surtout), humour (beaucoup), ouverture et bienveillance (à volonté), le Festival Massimadi propose des moments de partage autour d’œuvres artistiques qui abordent la question des orientations sexuelles et des identités culturelles, sociales et de genre dans la perspective des cultures noires. Mais le Festival ne s’arrête pas là, après nous avoir fait réfléchir, le collectif Massimadi nous invite également à danser jusqu’au bout de la nuit. Parce que défendre les droits humains et faire la fête, ce n’est pas incompatible ! 

J-25 : C’est au tour du 25ème article de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, porté par les membres d’une équipe de Médecins Du Monde Belgique. Le droit à la santé comprend l’accès à des soins de qualité pour toutes et tous. Ce qui est loin d’être une réalité. En Belgique comme ailleurs, chaque jour les équipes de Médecins du Monde mettent leur énergie, leur compétence et leur patience au service d’une aide médicale accessible aux personnes les plus vulnérables, quel que soit leur statut. Centres de soins, consultations mobiles, hub humanitaire, plan hiver médical, les initiatives de Médecins du Monde sont nombreuses et surtout indispensables. Nous joignons donc notre voix à la leur pour affirmer que la santé est un droit fondamental !

J-26 : L’article 26 est porté par Bernard De Vos et les étudiant·e·s du KDH Kot des Droits de l’Homme de l’UCLouvain. Bernard De Vos est le Délégué général aux droits de l’enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Homme engagé et de terrain, il travaille au quotidien pour que les droits et l’intérêt de l’enfant soient mieux pris en compte et respectés. Accès à l’éducation, refus de la violence, lutte contre l’exclusion et la précarité, ses combats sont aussi les nôtres ! Le Kot des droits de l’Homme organise tout au long de l’année des activités pour débattre, sensibiliser, questionner autour des enjeux liés aux droits humains. Qui a dit que les jeunes ne s’engagent plus ?

J-27 : C’est au tour du 27ème article, porté par Luc et Jean-Pierre Dardenne. Scénaristes, réalisateurs et producteurs, les « frères » ont apporté au cinéma belge une renommée internationale en mettant des questions sociales au cœur de leurs films. À l’heure où tout doit aller vite, ils prennent le temps de mettre l’individu au centre de l’attention, l’individu influencé par son environnement social mais qui reste libre de poser des choix. Ces questions ont rarement été posées avec autant de finesse et de juste distance, sans jugement. Artistes engagés, ils nous offrent un regard unique sur une réalité proche de nous.

J-28 : C’est au tour du 28ème article (en version simplifiée) qui est porté par Myriam Leroy. Journaliste, autrice, romancière, dramaturge, Myriam jongle avec humour, audace et créativité pour défendre un environnement où les droits des femmes – et de tout le monde – sont mieux respectés. Par les temps qui courent, nous avons un besoin urgent de voix comme la sienne qui titillent, dérangent et posent les bonnes questions. En toute liberté.

J-29 : Le 29ème article (en version simplifiée) est porté par des membres de la section namuroise de la Ligue. La Ligue c’est un rassemblement de juristes spécialisé·e·s, de formateur·rice·s et de nombreux expert·e·s bénévoles en tout genre (justice, psychiatrie, droits économiques, sociaux et culturels, nouvelles technologies et vie privée, droits des étrangers, jeunesse, prison, etc.). Mais c’est aussi des sections locales formées de citoyen·ne·s bénévoles qui décident de s’investir dans leur région pour le respect des droits humains. Nous remercions chaleureusement nos membres de la section de Namur pour leur participation à cette campagne et pour leur travail quotidien ! Si les rejoindre vous intéresse, n’hésitez pas à leur écrire à l’adresse suivante : ldhnamur@gmail.com ou à faire un tour sur leur page Facebook.

J-30 : Le 30ème et dernier article (en version simplifiée) est porté par Françoise Tulkens. Juge à la Cour européenne des droits de l’homme, ancienne présidente de la Ligue, avocate, chercheuse, Françoise se bat depuis toujours pour que les droits fondamentaux de toutes et tous soient reconnus et respectés. Elle reste un modèle pour nous.