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Les 12 mars et 12 avril 2007 ont eu lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme. À l’origine, une plainte de Robert Faurisson contre Robert Badinter et la chaîne Arte. Motif : sur cette chaîne, Robert Badinter a déclaré : « Le dernier procès que
j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’Histoire. » Ce sont ces derniers mots qui sont invoqués par Faurisson pour intenter sa plainte en diffamation.
Bernard Jouanneau, l'avocat de Robert Badinter, a rassemblé les auditions des intervenants à ce procès, cités comme témoins de la défense. Deux historiens, un chimiste, un écrivain et un directeur de recherche au CNRS démontrent, en mettant en lumière les vices des méthodes de recherche de Faurisson, la tromperie flagrante que constituent ses conclusions aux objectifs nauséabonds. Au-delà du verdict de condamnation définitive du négationnisme en France, cet ouvrage constitue également une réflexion fondamentale sur l'opportunité des procès intentés contre les négationnistes et sur l'opportunité d'adopter des lois comme la loi Gayssot, équivalent français à la loi Moureau, tendant à "réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe » . Car si le combat contre le négationnisme est légitime et nécessaire, il faut, comme le laisse entendre le titre du dernier chapitre du livre "Assassins de la mémoire" de Pierre Vidal-Naquet, il faut bien "vivre avec Faurisson". "La Justice et l'Histoire face au négationnisme – Au cœur d'un procès". Dossier composé par Me Bernard Jouanneau, Fayard, 2008 |