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Le silence de nos amis Imprimer

Houston, Texas. 1967. La lutte pour les droits civiques des noirs bat son plein. Emeutes et actes de violence sont de plus en plus fréquents entre noirs et blancs, dans cet Etat sudiste où racisme et ségrégation sont légion. C’est dans ce contexte que se rencontrent Jack et Larry, deux hommes « qui ont une conscience ».

 

Jack Long est blanc. Reporter pour la chaîne locale, il est spécialisé dans les questions raciales. Larry Thompson est noir, enseignant militant, il se bat pour conquérir des droits. Unissant leurs familles et leurs valeurs, ces deux hommes profondément humanistes essaient tant bien que mal de faire évoluer les choses, se démarquant pour l’un des racistes figés dans leurs préjugés et pour l’autre des membres du Black Power qui ne trouvent de solution qu’en la violence.

Véritable histoire d’amitié, ce roman graphique -inspiré des souvenirs d’enfance de l’auteur Mark Long-   offre une entrée pertinente pour quiconque souhaite s’intéresser aux années 60 aux Etats-Unis et aux prémisses de la lutte pour les droits civique. Le caractère autobiographique de ce récit lui donne une authenticité certaines qui en font un outil de qualité. La lutte pour les droits civiques est abordée sous un angle personnel mais non moins éclairant: les divergences au sein du mouvement de lutte, les dérives des policiers, les préjugés des journalistes… Rien ni personne n’est oublié.  

Le scénario est enrichi par le coup de crayon de Nate Powell, qui parvient à représenter la violence des évènements mais aussi la sagesse et la douceur des liens qui se tissent.  

Malgré son succès outre-Atlantique, Le silence de nos amis fait peu de bruit en Europe. Pourtant la résonance actuelle de ce récit -dans lequel préjugés et stigmatisation sont dénoncés- est évidente.


Le silence de nos amis, de Nate Powell, Mark Long et Jim Demonakos, Casterman, 2012, 192p.

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illustration: la Ligue des droits de l'Homme agit