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Le couloir des exilés. Être étranger dans un monde commun Imprimer

Michel Agier nous invité à un analyse anthropologique de la cartographie de l'exclusion de l'étranger qui « est toujours et seulement d'ici ».

 

Selon lui, la genèse de l'exil se trouve dans le manque de place dans un monde commun. L'examen de la fiction de « l'extraterritorialité » illustre parfaitement ce rejet d'être au monde (cette superfluidité humaine décrite par Hannah Arendt) qui conduit à un « exil intérieur » pour lequel il n'y a aucun lieu d'arrivé. Seul reste « un ensemble d'espace d'exil sans issue, des parcours fléchés dans un couloir d'exil, sécuritaire et humanitaire ». Cette stratégie de l'endigement, de l'encampement, du ban-lieu est « une forme violente de territorialisation de l'autre ».

Le monde associatif et les organisations humanitaires participent également à cette topographie de l'étranger en tant qu'indésirable. Le temps et l'espace sont suspendu tant dans les centres d'accueils gérés par des ONG en Europe que dans les camps du HCR en Afrique. 

Face à cette politique du rejet, l'auteur en appel à la mise en place d'une « cosmopolitique de l'hospitalité ». Celle-ci se voudrait une « politique par défaut. Politique en tant que désobéissance civile individuelle sanctionnée, dans les pays sans accueil , comme "délit" d'hospitalité ou de solidarité. Et cosmopolitique, au sens où "celui qui reçoit les étrangers" est en train d'annoncer une politique dans le monde en tant que monde est l'horizon, et l'hospitalité une façon de l'atteindre ».

AGIER, Michel, "Le couloir des exilés. Être étranger dans un monde commun", éditions du croquant, 2011

Stevens Jean-Charles
Membre de la commission étranger LDH

 

 

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illustration: la Ligue des droits de l'Homme agit