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L’enfermement est l’outil ultime qu’un Etat démocratique peut employer pour écarter les individus qui menacent l’ordre public. Cet isolement est, après la peine de mort, la pire sanction que peut subir un être humain qui, par définition, est un animal de groupe, un être sociable.
Aujourd’hui, pourtant, l’enferment semble être la solution de facilité. Les prisons et centres fermés sont des lieux où l’on «parque» les indivus présumés coupables, condamnés, ou considérés comme « illégaux ».
Malgré les preuves de son inefficacité (il a été montré qu’il n’ya aucun lien entre le taux de criminalité et le taux de pénalité), la prison et les politiques d’enfermement sont peu remises en question. Les nombreuses (et parfois incohérentes) tentatives de réformes n’ont rien réglé : la surpopulation carcérale atteint des sommets, les conditions de détention se dégradent et les centres fermés abritent des enfants. Les droits les plus fondamentaux sont bafoués et personne ne semble s’en inquiéter.
Ce livre tente de pallier à ce manque et questionne les objectifs et la place de la prison dans une société démocratique. Est-il justifié que les règles appliquées dans l’enceinte des prisons soient contraires aux valeurs promues dans une société démocratique? N’y a-t-il pas d’autres alternatives à la privationde liberté ? En filigrane de leur réflexion sur la prison, les auteurs questionnent aussi les politiques sécuritaires et montrent comment en passant d’un gouvernement par la peur – propre aux régimes dictatoriaux – à un gouvernement sur la peur, nos sociétés démocratiques ont multiplié et durci les moyens de répression sans même questionner les fondements de cette peur.
« L’enfermement, un choix de société en question : outil de réflexion » du Centre d’Action Laïque, Bruxelles, 2011, 95 p.
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