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Violences policières impunies à Bruxelles : Que fait le bourgmestre Thielemans ? Que fait la ministre Milquet ? Imprimer

Violences policières - Interview d’Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'Homme, sur la recrudescence des témoignages de violences policières commises à Bruxelles

Interview réalisée par Michel Collon publiée le 24 septembre 2012 sur le site investig'action: http://www.michelcollon.info

Une particularité réunit la personne ici interviewée et l’auteur de l’interview. Tous deux ont été victimes de graves violences commises sans raison par des policiers à Bruxelles. Connus et identifiés. Mais en fait des centaines de gens ont déjà vécu cette situation dans la capitale de l’Europe. Et rien ne change ! C’est l’impunité. La question n’est donc pas : « Que fait la police ? » Mais bien « Que fait son chef, le bourgmestre Freddy Thielemans ? Que fait la Justice ? Que fait le Comité P ? Que fait la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet ? »


Ces derniers temps, on constate de plus en plus de cas de brutalités commises par des policiers bruxellois contre des manifestants. Qu’en pense la Ligue des droits de l’Homme ?

Alexis Deswaef :Oui, la Ligue a constaté ces derniers mois une augmentation du nombre de citoyens qui viennent se plaindre de violences policières ou en témoigner.

C’est surtout dans le cadre de manifestations ou autres formes de contestation sociale. La police réprime avec un usage tout à fait disproportionné de la force. Des manifestations européennes contre l'austérité, des rassemblements pour les sans-papiers ou, en juin dernier, une contre-manifestation opposée au PP (Parti Populaire Belge, droite radicale, nb). La police a été félicitée par le groupe d'extrême droite Nation !
Alors que les policiers sont là pour maintenir l’ordre et donc, au fond, pour garantir l'exercice par les citoyens des droits fondamentaux de s'associer ou de s’exprimer, eh bien, au contraire, l'usage de la force vient empêcher cet exercice de droits fondamentaux tout à fait normaux dans une démocratie. Nous, à la Ligue, dénonçons cette manière de criminaliser les mouvements sociaux et toute forme de contestation.


La violence policière frappe-t-elle seulement des manifestants ?
Alexis Deswaef :Non. Elle touche aussi de simples citoyens dans leur vie quotidienne. Une simple interpellation par la police tourne mal et se termine en violence. Finalement, ce sont Monsieur et Madame Tout le Monde qui - dans certaines zones de Bruxelles – ne sont plus à l’abri. Nous avons eu plusieurs témoignages de personnes interpellées ainsi chez elles…


Il paraît que vous aussi, vous avez été victime de ce que vous dénoncez…
Alexis Deswaef :Oui, je l’ai vécu moi-même. Le 29 avril 2008, quelques centaines de sans-papiers manifestant devant l’Office des Etrangers sont arrêtés et enfermés dans les cachots au sous-sol du Palais de Justice. Finalement, deux avocats sont autorisés par le bourgmestre à entrer pour rencontrer les sans-papiers, leur expliquer ce qui va se passer et vérifier les conditions de détention… Mais, au moment où la porte se referme derrière nous, avec une quinzaine de policiers autour de nous, leur chef nous dit :
- « Vous allez d'abord disperser la manifestation qui est dans la rue ! »
- Mon confrère répond : « Ce n'est pas notre rôle, nous sommes ici avec l'autorisation du bourgmestre pour rencontrer les sans-papiers. Et même si nous avions envie de disperser les manifestants, ils ne nous écouteraient pas. Ce n’est pas nous qui avons appelé à ce rassemblement. »
- « Eh bien, alors, vous sortez ! »
Immédiatement, ça dégénère, ils commencent à nous pousser, les esprits s’échauffent, ils sortent leurs matraques et commencent à taper. Je fais un pas de côté et me retrouve plaqué contre le mur, jambes écartées, matraque dans le dos : « Tu bouges pas ! ». Avec tutoiement, bien sûr !Les coups de matraque pleuvent sur mon confrère, ils ouvrent la porte métallique et le jettent dehors. Mais son pied reste coincé dans la porte, il est tordu, finalement il est dehors. J’entends encore ce policier, appelé Kris par ses collègues : « Ah, cet avocat-là, je lui ai cassé au moins quatre doigts ! » Tout content !


J’imagine que vous avez déposé plainte ?
Alexis Deswaef : Oui, avec le soutien de l’Ordre des avocats du Barreau de Bruxelles. La plainte détaillait les injures, les mauvais traitements et les coups. Mais finalement, ça s’est retourné contre nous.


Contre les victimes !
Alexis Deswaef : Oui ! Le parquet a requis un non-lieu. Et à l'audience du règlement de la procédure, le procureur s'en est pris à nous : « Vous avez beaucoup de chance de ne pas être poursuivi pour rébellion ! ». Ce qui est quand même le monde à l'envers.


Donc, vous avez vécu très personnellement ce que ressentent les victimes…
Alexis Deswaef : Oui, je l’ai vécu de l'intérieur. Votre parole ne vaut rien face à celle du policier. Au point de me faire traiter de menteur ! J’ai été confronté à ce policier, je donnais de nombreux détails, j’ai mimé la scène devant le comité P, le comité de surveillance de la police, qui avait été chargé des interrogatoires par le juge d'instruction. Mais le policier se contentait de répondre Non !


Pourtant, vous aviez des preuves…
Alexis Deswaef : Oui, lecertificat médical de l'autre avocat qui avait des traces des coups, son témoignage, le mien… Je n’avais pas été victime de coups, mais juste plaqué contre le mur, traité avec rudesse et injurié, donc j’étais un observateur privilégié, un témoin qui est avocat, pourquoi aurais-je menti, l’affaire était limpide, mais nous n’avons pas réussi à faire poursuivre les policiers. Il n’y a même pas eu de procès ! C’est nous qui avons été menacés de poursuites !


S’ils font ça avec deux avocats, dans l’exercice de leur métier, pas demander comment ça se passe avec de simples gens !
Alexis Deswaef : Exactement. Que ne font-ils pas avec des sans-papiers qui n'iront jamais déposer plainte ! Ou de jeunes manifestants altermondialistes !


Qu’avez-vous éprouvé ?
Alexis Deswaef : C'est terriblement frustrant ! A l'époque, j'en aurais pleuré de désespoir et de rage. Quand on est victime d'une bavure policière, à un moment donné, on se rend compte que ça va dégénérer, on est sur cette pente extrêmement glissante, quelque chose de grave est en train de se passer, tout m'échappe, je ne peux rien faire, où cela va-t-il s'arrêter ? On ne le sait pas à ce moment-là, on a vraiment peur, j’ai eu vraiment peur...
 

 
Revenons à la situation générale. De nombreuses associations ont déjà protesté contre ces violences à Bruxelles. Comment les autorités réagissent-elles ?
Alexis Deswaef : Voilà justement ce qui m’inquiète le plus. La réponse de l’autorité, ou plutôt des autorités, est tout à fait inacceptable, elle n'est pas à la hauteur du problème…


Qui visez-vous ? La police, le bourgmestre, la Justice ?
Alexis Deswaef : La police et sa hiérarchie, le bourgmestre en tant que chef de la police. Mais aussi la Justice, les organes chargés de contrôler la police et la ministre de l’Intérieur. Tout le monde a une responsabilité.


Que reprochez-vous à la Justice ?
Alexis Deswaef : Elle n'est pas assez réactive. Le procureur du Roi, si prompt à mettre la procédure en route la procédure quand c'est un dossier de violence contre des policiers - et à juste titre - devrait avoir la même réactivité dans l'autre sens. Il n'y a aucune raison de faire « deux poids, deux mesures ». Cela crée une image désastreuse dans l'opinion publique, le citoyen se dit : « Le parquet protège ces policiers, mais pas les citoyens. »
 
« Pas la même réactivité » ! C’est une accusation grave…
Alexis Deswaef :Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Cour européenne des Droits de l’Homme. En 2009, elle a condamné la Belgique pour avoir négligé de poursuivre les auteurs de violences policières commises… en 1996 à Schaerbeek (affaire Cakir). Ce triste exemple montre que les autorités belges manquent de réactivité, ne font pas l'enquête qu'il faut, et finalement, les faits sont prescrits. La Cour pointe la responsabilité de la Belgique en disant que dans les dossiers de violences commises par des agents de l'Etat, il y a une responsabilité accrue de cet Etat d'investiguer et de sanctionner.


Et la Belgique ne le fait pas…
Alexis Deswaef  : Et cela donne ce sentiment d’impunité… Non, cette réalité d'impunité dans les faits. Qui résulte de différents dysfonctionnements. A tous les niveaux, la réponse n'est pas bonne, pas à la hauteur de l'enjeu. La ministre de l’Intérieur, Madame Milquet, devrait aussi intervenir dans ce dossier des violences policières au lieu de donner l’impression de limiter sa vision aux seules violences faites aux policiers.


Vous avez aussi critiqué le Comité P, le Comité permanent des services de police…
Alexis Deswaef  : Le taux de plainte qu’il déclare fondées est de 10 à 12%. Mais ça ne veut pas dire que 90% des gens qui s'adressent au comité P sont des menteurs. C'est juste qu'ils n'arrivent pas à prouver les faits.


C'est toute la difficulté, non ? Très souvent, les policiers accusent la victime de « rébellion »…
Alexis Deswaef  : Oui, c'est une manière de se protéger. Comme si le premier qui dépose plainte a raison. Cette accusation de rébellion, c'est le grand classique ! Dans chaque dossier où les policiers se rendent compte qu'ils ont commis une bavure, des violences inacceptables, alors chaque fois, ils dressent un PV de rébellion, ils déposent plainte : il s'est rebellé, j'ai dû utiliser la force nécessaire.


Comme pour faire match nul au niveau du parquet.
Alexis Deswaef  : Exactement. Un dossier envoyé comme ça, avec une plainte dans les deux sens, c'est un peu comme une bouteille à la mer. On sait très bien qu’elle ne va pas aboutir.


Une stratégie pour l'impunité…
Alexis Deswaef : Tout à fait. La meilleur défense, c'est l'attaque.


C’est quoi, une rébellion ?
Alexis Deswaef : A partir de quand y a-t-il rébellion ou pas ? La jurisprudence est assez floue. Elle va jusqu’à dire que le fait de se raidir face au policier peut déjà constituer une rébellion. Mais alors, tout le monde se rebelle !


Revenons au Comité P. Les plaintes sont-elles vraiment farfelues ?
Alexis Deswaef : Je ne crois pas le Comité P quand il prétend qu’elles sont farfelues. Je pense que quelqu'un qui est victime de violences policières doit être solide sur ses jambes et très sûr de son fait pour oser déposer plainte.


Alors là, sur le Comité P, je peux apporter mon témoignage personnel. En 1999, pour avoir organisé une manifestation contre la guerre, j’ai été arrêté et très gravement blessé par deux policiers de Bruxelles-Ville, Van Impe et Jongen. Il m’a fallu très longtemps pour obtenir enfin une confrontation au Comité P. Je me réjouissais déjà. Mais sur place j’ai pu constater sa mauvaise foi évidente. Alors que les versions des policiers étaient très contradictoires et tissées de mensonges, je m’attendais, je ne sais pas moi, je regarde peut-être trop la télé, mais je m’attendais à ce qu’on interroge les deux policiers séparément. Pour voir ce que chacun allait répondre à mes accusations très précises et détaillés. Eh bien, non ! Ils nous ont interrogés tous les trois ensemble, les deux policiers ont dit : « C’est pas vrai », et c’était terminé ! Comité P ? « Comité Paresse », oui ! Ou « Protection ».
Alexis Deswaef : Je ne suis pas surpris. Le problème est grave. A la Ligue, nous recueillons de nombreux témoignages de victimes : « Moi, avant, j'avais confiance en la police. Quand je voyais un uniforme, ça me rassurait plutôt ». Eh bien, qu’ils soient victimes ou témoins, ils disent : « Maintenant, quand je vois un uniforme dans la rue, je stresse, j’ai peur. »
La police dans son ensemble doit se rendre compte qu’avec ces dossiers de violences policières, elle se tire une balle dans le pied si elle ne réagit pas. La confiance du citoyen dans la police s'érode complètement. 5% ou 10% de policiers nuisent à l'image de la police toute entière.
La police et le Parquet doivent, chacun à leur niveau, faire le nécessaire pour mettre fin à cette impunité de fait. Montrer aux policiers qu’il y a des règles à ce privilège que constitue l'usage de la force. Elle doit répondre à certaines conditions. Notamment la proportionnalité.


Pouvez-vous préciser ? Cela veut dire que la riposte de la police doit être proportionnelle à la menace de trouble et au danger ?
Alexis Deswaef : Oui. Pour prendre un exemple, les jeunes syndicalistes qui se sont fait massacrer dans le métro, le 17 juin dernier… Si on regarde les images à quel point ils étaient amochés, eh bien, un tel usage de la force était-il proportionnel au problème posé, à savoir qu'ils allaient peut être pouvoir se trouver en contact avec les manifestants d'extrême droite ? La proportionnalité ? C’est qu’on ne sort pas sa matraque comme on veut...


Vous parlez d'extrême droite. Or, il semble que la police se trompe de cible toujours dans le même sens. Y aurait-il des liens avec l’extrême droite ?
Alexis Deswaef : Certains observateurs et même certains responsables politiques ne le cachent pas : oui, c'est un problème à la police, elle est infiltrée par l'extrême droite. Une partie - que j’espère petite - des policiers sont très réceptifs à ses thèses. Vous me direz : tout comme une partie de la population, il n’y a pas de raison que ce soit différent au sein de la police. Mais le problème, c'est que le policier tient une matraque en main, il exerce une partie de l'autorité publique. Ça peut avoir des conséquences beaucoup plus grandes et c'est un réel problème...


Ces faits se produisent surtout à Bruxelles - Ville, et ça fait des années qu’on en parle. Percevez-vous chez le bourgmestre de Bruxelles, qui est le chef de la police, une volonté de résoudre ce problème ?
Alexis Deswaef : En tout cas, on ne voit aucune amélioration. Et certains policiers qui se sont construit une réputation de gros bras, eh bien, on les retrouve très régulièrement dans les manifestations !


Là aussi, je peux en témoigner : le policier qui m’a envoyé à l’hôpital (lors de mon procès, il avait trois affaires sur les bras en même temps !), a été condamné en justice, mais récemment encore, il était en première ligne lorsque des manifestants pour la Palestine ont été gravement brutalisés face au ministère des Affaires étrangères. Alors, pour conclure, que compte faire la Ligue, face à ce problème qui perdure, voire s’aggrave ?
Alexis Deswaef : Vu cette augmentation des cas, nous à la Ligue des droits de l’Homme, avons décidé de mettre en place un observatoire des violences policières. Nous pensons qu’il s’agit d’un problème de société. Pour le combattre, il faut commencer par l’observer.
Mais nous voulons aussi soutenir les réactions de défense individuelles. Certes, nous ne prenons pas en charge les cas individuels, plutôt les problématiques générales. Cependant, dans le cas des violences policières, nous voulons recueillir les témoignages des gens. Et éventuellement les aiguiller vers des avocats qui pourront déposer une plainte. Notre message est clair : la Ligue des droits de l'Homme est consciente du problème et vous soutient pour obtenir justice. Et nous serons là pour voir la réponse apportée par la Justice à cette plainte, comment le parquet réagira, quel sera le jugement et quel enseignement on peut en tirer. C’est seulement ainsi qu'on renversera cette tendance, qu’on mettra fin à ce cycle infernal de l'impunité. Des condamnations seront autant de messages clairs aux policiers qui se permettent ces violences : « Je ne peux pas faire n'importe quoi, l'usage de la force est strictement réglementé. »


Vous incitez les gens à ne pas se laisser faire ?
Alexis Deswaef : Nous sommes dans un Etat de droit, il faut absolument déposer une plainte, et essayer d'aller au bout de la procédure. Vraiment, il ne faut pas laisser tomber. Car, on le voit, ça peut arriver à tout le monde, pas seulement aux manifestants ou aux indignés. C’est très inquiétant !


Et dans la police, avez-vous un écho ?
Alexis Deswaef : Nous entrons aussi en dialogue avec les autorités. Nous avons rencontré la nouvelle commissaire en chef de la police fédérale, Catherine De Bolle. Dans son discours d'investiture, elle avait dit quela moralité et l'intégrité des policiers, c’était pour elle la priorité. Elle est très sensible à ces questions. Elle nous a dit que l’autorité était bien consciente du problème et qu’il fallait pouvoir faire passer le message à la base. Dans sa zone de Ninove, elle avait réussi à en faire une réelle préoccupation. Mais ce sera un fameux défi au niveau de toute la Police fédérale. Et nous avons aussi rencontré le parquet de Bruxelles…


J’ai entendu dire que les magistrats n’étaient pas chauds à l’idée de poursuivre des policiers, car ils dépendent d’eux pour mener à bien leurs enquêtes…
Alexis Deswaef : Oui, c’est un vrai problème. Et pour cette raison, le parquet de Bruxelles a désigné un procureur qui ne s’occupe que des dossiers contre la police. Sous-entendu : ce procureur-là ne doit plus compter sur la collaboration de la police pour des enquêtes qu'il lancerait dans d'autres dossiers, il a cette liberté d'action. Je trouve que c'est déjà une bonne chose : un magistrat en charge des violences policières (qui ne doit pas être fort aimé par la police !)
Maintenant, il s’agit de comprendre pourquoi certains dossiers n'arrivent jamais devant le juge alors que le procureur peut le faire sans même passer par une instruction qui ferait perdre une ou deux années… Si les faits sont simples, s'il y a un certificat médical et des témoins, eh bien, le procureur a l'arme de la citation directe : il cite directement le policier devant le tribunal correctionnel qui pourra le juger rapidement. Tout comme une personne coupable de violence envers des policiers.


Vous incitez les gens à déposer plainte en cas de violences. C'est bien, mais la prévention, n'est-ce pas encore mieux ? Vu l’abondance de cas à Bruxelles - Ville, ne pensez-vous pas que le bourgmestre Freddy Thielemans dispose de moyens préventifs pour diminuer le problème ?
Alexis Deswaef : C'est clair, oui. Il faut d’abord un meilleur recrutement et une meilleure formation des policiers. Malheureusement, il y a des personnes dangereuses qui n'ont pas leur place à la police. On doit pouvoir les détecter dès les cours donnés aux policiers. Les remballer avant qu’ils prennent du service. Et, dès que des violences policières sont commises, si ces gens n’arrivent pas à gérer leur stress, eh bien, qu'ils soient affectés à des tâches administratives ou à la circulation, mais pas aux manifestations.


Dans les faits, ce n’est pas ce qu’on constate. Il y a vraiment récidive…
Alexis Deswaef : En effet, on retrouve souvent les mêmes policiers de manifestation en manifestation. Je pense à ces femmes congolaises qui manifestaientdevant la Bourse de Bruxelles, le 4 janvier 2012. Cela a complètement dégénéré uniquement par la faute des policiers. Des « Mamas » africaines de plus de 60 ans se sont fait jeter dans des fourgonnettes de la police traînées pas les bras et les pieds comme si c'étaient des personnes dangereuses alors qu'elles étaient juste venues à un rassemblement de prière ! Si on leur avait demandé de partir, elles seraient parties.
On voit donc que, par la faute de la police, des rassemblements peuvent dégénérer. Il faut en tirer des leçons : qui est à la base de tout ça ? Qui est le policier en charge de cette opération ? Eh bien, il a clairement donné de mauvaises instructions à ses hommes !


Le bourgmestre Thielemans doit-il attendre qu’il y ait un procès ou peut-il de lui-même demander un rapport et vérifier les faits ?Alexis Deswaef : Il est le chef de la police. Les bourgmestres ont des prérogatives légales. Ils ont le devoir d’intervenir !

Lire la fin de l'article sur http://www.michelcollon.info/Violences-policieres-impunies-a.html 
 
 
Note d'Investig'Action :
Pendant toute la semaine dernière, nous avons contacté le cabinet du bourgmestre Thielemans afin d'obtenir sa réaction à cette interview. Malgré les promesses faites, on ne nous a jamais rappelé. Cependant, nous continuons à proposer au bourgmestre de présenter sa version des faits et nous la publierons volontiers. 

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illustration: la Ligue des droits de l'Homme agit