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A la prison de Forest, plus aucun détenu ne dormira sur le sol Imprimer
Mercredi, 11 Juillet 2012 16:08

11 juillet 2012 - Une surpopulation affolante (un taux moyen de 187% de surpopulation), un environnement insalubre, des conditions d’hygiène déplorables, des agents pénitentiaires en sous effectif, des détenus dans une profonde misère morale… La prison de Forest s’apparente moins à un établissement pénitentiaire du XXIe siècle qu’à un bagne des romans de Zola.

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Un exemple particulièrement parlant des conditions de vies choquantes des prisonniers est celui du trio. A trois détenus dans une cellule de 9 m² prévues pour deux (il n’y a qu’un lit superposé), le troisième détenu du « trio » est contraint de dormir sur un fin matelas posé à même le sol, souvent sous la table. Chaque matin, il doit placer son matelas sous cette table pour permettre l’accès à la toilette. Une situation intolérable, indigne, dégradante.

Depuis des mois, le Barreau, les magistrats et des associations, parmi lesquelles la Ligue des droits de l’Homme, ont tiré l’alarme à plusieurs reprises auprès de l’administration pénitentiaire, la pressant de prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette situation. Depuis des mois, l’administration fait la sourde oreille.

La Bourgmestre de Forest, Magda De Galan, vient de prendre une mesure radicale, remède ultime face à cette inertie politique: un arrêté de police limitant l’occupation des cellules par les détenus à la capacité qui leur est à chacune allouée. Le 29 août à minuit au plus tard, le recours aux trios par le gestionnaire de la prison ne sera plus toléré. A la prison de Forest, plus aucun détenu ne dormira sur le sol.

La Ligue des droits de l’Homme se réjouit de cette initiative politique courageuse de la Bourgmestre de Forest. Elle soutient cette démarche aussi louable que légitime qui va obliger la ministre et son administration à étudier sérieusement des pistes de solutions pour ne plus recourir aux trios et, plus globalement, améliorer l’infrastructure et les conditions de vie des détenus. La LDH espère que cet électrochoc permettra de replacer des termes aussi dépréciés que salubrité, sécurité et dignité humaine au cœur du débat sur les prisons et surtout, au cœur du quotidien des détenus.

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illustration: la Ligue des droits de l'Homme agit