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4 janvier 2012 - La Ligue des droits de l'Homme regrette que la Région Wallonne refuse aujourd'hui decoopérer à la localisation et la destruction des armes de la FN exportées en Libye, au contraire de pays comme l'Allemagne.
La Région wallonne est à la fois actionnaire unique de la FN-Herstal et l’autorité compétente en matière d’octroi de licence d’armes. C’est donc elle qui est responsable à la fois politiquement et économiquement de la licence d’exportation d’armes qui fut accordée en 2009 au bénéfice du gouvernement libyen (après qu’une première demande de licence ait été suspendue en 2009 par le Conseil d’Etat).
A cet égard, le refus de la Région wallonne de coopérer à la localisation des armes de la FN exportées en Libye revient à esquiver sa responsabilité directe dans le processus de production et de licences d’armes. Ce refus est d'autant plus étonnant que le cabinet du Ministre-Président faisait savoir en février dernier que le Ministre-Président partageait l'inquiétude de la Ligue des droits de l'Homme au regard de la répression qui avait cours en Libye.
La Ligue demande d’une part que le gouvernement wallon assume les conséquences politiques et humaines de sa stratégie économique en matière d’exportation d’armes. Le refus du néocolonialisme", qui est l'argument du Ministre-Président pour justifier son inaction, a bon dos. Le gouvernement doit être fidèle à l’engagement pris en début de législature de « soutenir activement les processus internationaux de lutte contre la prolifération des armes légères initiés en Afrique » (Déclaration de politique régionale, p.59). Il doit comprendre la grave incohérence de ne vouloir prendre que les avantages d'une vente d'armes controversée, de s'inquiéter au plus fort de la répression par Kadhafi contre son peuple et ensuite ne pas vouloir en assumer les conséquences a posteriori. Il doit donc libérer les ressources financières nécessaires, qui ne seront peut-être même qu'une partie des ressources financières acquises grâce à la l’exportation des armes FN en Lybie, pour aider les experts libyens et internationaux à localiser, sécuriser et détruire les armes et munitions exportées au régime du colonel Mouammar Kadhafi.
Elle ne comprendrait pas, d’autre part, que le cabinet du Ministre-Président ne tire pas les enseignements du cas « FN/ Kadhafi » dans le cadre de son avant-projet de décret relatif à l’octroi des licences pour exportation d’armes. La LDH apprenait hier que l'Open-VLD envisage la refédéralisation de la compétence d'octroi de licence d'armes. C’est peut-être une solution logique tant il s'agit d'une compétence intimement lié à la politique étrangère de notre pays. C’en devient presque une option souhaitable tant l’avant-projet de décret sacrifie les droits de l’homme et les règles de contrôle démocratique au profit des intérêts de l’industrie de l’armement.
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