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Violence d’un policier au Steenrock : un blessé grave et de l’incompréhension Imprimer
Mardi, 10 Mai 2011 09:26

9 mai 2011 - Un jeune homme hospitalisé et opéré en urgence suite à des coups de matraque assénés par un policier lors du Steenrock.

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Le samedi 7 mai, un jeune homme se rend au "Steenrock", un festival en soutien aux étrangers détenus dans le centre fermé de Steenokkerzeel. Alors qu’il arrive, vers 15 heures, à proximité du centre devant lequel le festival se déroule, ce jeune homme fait l’objet d’un contrôle d’identité qui va déraper de manière incompréhensible.

En effet, assez rapidement, l’un des deux policiers qui menait ce contrôle d’identité, a sorti sa matraque et s'est attaqué au jeune homme. Sans hésiter, le policier a commencé par lui asséner un coup très violent directement au visage, avant de continuer à le frapper, toujours à coups de matraque, un peu partout sur le corps et à nouveau, à plusieurs reprises, en plein visage.

Il semble que le problème entre les deux hommes ait été dû, au départ, à un problème d’incompréhension : le jeune homme ne comprenait pas le néerlandais et le policier ne s’adressait pas à lui en français. Il s’en est suivi une remarque désobligeante de la part du festivalier et une discussion entre les policiers (en néerlandais) aboutissant à une inattendue explosion de violence envers le jeune homme.


Une altercation verbale – même désobligeante voire, dans l’absolu, injurieuse – ne peut mener, de la part des forces de l’ordre, à une réponse aussi disproportionnée et violente.

Gilles, qui a assisté à toute la scène nous l’a décrite : « C’était d’une violence terrible, le premier coup semblait prévu pour tuer ou briser ! J’ai cru qu’il allait lui casser la tête tant il lui donnait de coups… Le sang a véritablement giclé… Pourtant, à aucun moment le jeune homme ne s’est montré menaçant, il demandait plutôt grâce ! Ensuite, alors qu’il était ensanglanté, effondré à terre, les policiers ne lui ont apporté aucun soin ! Au contraire, celui qui l’avait frappé s’est encore assis sur lui pour le menotter… Le jeune homme hurlait, le policier lui a alors gueulé de se calmer, alors qu’il venait de lui arracher un bout de lèvre, ou de joue, qui pendait de la mâchoire… C’était effroyable ! ». L’autre policier,  présent et actif sur les lieux, n’a pas pris la peine de retenir son collègue. Il est resté posément sur le côté, à assisté tranquillement à ce déchaînement de violence.

Les renforts arrivés sur place se sont contentés de contrôler les identités des personnes présentes et d'acter le témoignage de Gilles. Après une longue attente, une ambulance a fini par venir prendre en charge le jeune homme, qui a été emmené à l’hôpital Saint-Luc, à Woluwé-St-Pierre.
Aux urgences, la victime s’est vu poser une vingtaine de points de suture, avant qu’un scanner ne révèle de multiples fractures des mâchoires et la perte de plusieurs dents, nécessitant une opération immédiate.  Son immobilisation et sa rééducation vont durer plusieurs mois. Personne ne peut dire dans combien de temps il pourra, simplement, se remettre à manger et à parler comme avant.  

Plainte va être déposée par la victime et sa famille, appuyée par de nombreux témoignages des personnes présentes sur les lieux, qui s’interrogent sur les raisons de cette violence acharnée des force de l'ordre.

Bruxelles Laïque, la Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation et la LDH souhaitent également que le responsable de la brigade de police présente à Zaventem réagisse à ce grave incident.

Les associations rappellent par ailleurs que l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre belges avait déjà été pointé le 22 octobre dernier par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU dans ses recommandations à la Belgique :

« 4. Le Comité est préoccupé par les informations faisant état d’allégations d’usage excessif de la force non conforme aux Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, en particulier lors des interpellations par la police, et par le fait que les plaintes à l’égard de la police ne sont pas toujours suivies de sanctions à la hauteur des faits. Le Comité est particulièrement préoccupé par les informations faisant état d’allégations d’usage excessif de la force et d’arrestations préventives lors des manifestations qui ont eu lieu le 29 septembre et le 1 octobre 2010 dans l’Etat partie (art. 7, 9).

L’État partie devrait prendre des mesures nécessaires pour garantir que la force, lorsqu’est utilisée  par les membres de la police, soit en conformité avec les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois et s’assurer que les arrestations ne se font que dans le cadre strict du respect du Pacte. L’Etat partie devrait, en cas de mauvais traitements suivis de plaintes, systématiquement mener une enquête, poursuivre et sanctionner les auteurs à la hauteur des faits commis. Il devra informer le Comité sur la suite donnée aux plaintes déposées suite aux manifestations du 29 septembre et du 1 octobre 2010. »

La Ligue des droits de l'Homme
Bruxelles Laïque 
Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
et la LDH

Dans la presse: Festival Steenrock: un visiteur à l'hôpital après une altercation avec la police (RTBF)

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illustration: la Ligue des droits de l'Homme agit