Ricardo, retrouvé le 7 mai 2011 à l'hôpital après avoir été violemment défiguré à coups de matraque par un policier alors qu’il se rendait au festival Steenrock, devant le centre de détention 127 bis. Niki, « indignée » grecque frappée au visage le 12 octobre 2011 lors d'une manifestation au siège bruxellois de Dexia.
Constituent-ils des cas isolés ou y avait-il suffisamment de preuves tangibles (témoins, vidéos) pour être divulgués et médiatisés ? Les passages à tabac sont-ils tabous ?
Pour mettre en lumière une zone d'ombre de nos sociétés démocratiques, le Gsara a, en collaboration avec la Ligue des droits de l’Homme, interrogé plusieurs acteurs et mené l’enquête sur l’usage abusif de la force par la police. Il en va de la confiance légitime du citoyen dans les institutions de son pays. Sans vouloir décrier le métier du policier certes difficile, d’après le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, qui a tenu du 11 au 29 octobre 2010 sa 100e session, les libertés et droits fondamentaux ne seraient pas toujours respectés en Belgique lors d’interventions policières et, plus précisément, lors des privations de liberté et des mises en cellule.
Sous forme de POM (Petite Œuvre Multimédia) ou de web reportage, le Gsara vous propose une plongée interactive dans des témoignages, des fiches pédagogiques expliquant nos droits (Quand l’usage de la force est-il légal ? Qui peux m’arrêter ? Dans quel cas peut-on me fouiller ? Quand ai-je droit à un avocat? Etc.), des analyses et des points de vue : celle de l’Inspection générale de la police, de la Ligue des droits de l’Homme, du Centre de recherches criminologiques de l’ULB, du Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, de la Police, de journalistes…
Avec la volonté de recueillir l’éclairage de nombreux acteurs, nous avons cherché à savoir si l’usage de la force lors d’interventions policières était toujours « strictement nécessaire et proportionnelle », à cerner l’ampleur des exactions policières, à en comprendre les raisons et à esquisser des solutions, à considérer si l'argument fort élastique de « considérations de sécurité » permet de limiter le droit de manifester et d'exprimer une opinion, à questionner l’impunité des abus policiers, à interroger l’indépendance des organes de contrôle...