AGENDA

De Haute Lutte
PROGRAMME DU 6 OCTOBRE 2017

JOUR 1
Centre culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo, 94 
1060 St-Gilles

 

Journée de réflexion
De la radicalité et des ailes
La radicalité en questions
Ve 6 octobre - 9h > 17h30
CCJF - 1060 Bruxelles

 

Cette journée explore le concept de radicalité sous différents angles et le déclinera à l’occasion des ateliers participatifs.

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Présentation

Depuis les attentats terroristes ayant frappés la France et la Belgique ces dernières années, la lutte contre le radicalisme (et son pendant, la déradicalisation) semble être devenue une priorité politique majeure. Elle guide l’action des pouvoirs publics dans de nombreux domaines et figure en haut de l’agenda politico-médiatique. Le radicalisme sert de légitimation à un activisme législatif et réglementaire important, ainsi qu’à la création de diverses structures ayant pour objet de lutter contre sa prolifération, que ce soit en prison, dans les écoles, dans les centres urbains ou sur internet.

Toutefois, un sentiment diffus se fait sentir, diverses voix se faisant entendre à contre-courant de ce qui semble être un unanimisme qui ne serait que de façade. Divers intellectuels ont ainsi questionné le recours abusif à certains termes. Par exemple, dans son essai intitulé « Confiscation des mots des images et du temps », la philosophe Marie-José Mondzain met en évidence la manière dont « le libéralisme économique siphonne le vocabulaire et anesthésie l’action politique en délégitimant la radicalité.

Car en effet, dans un grand tourbillon sémantique, divers termes et concepts sont abordés et utilisés de manière indiscriminée et de manière a priori interchangeable : radicalisme, radicalité, extrémisme, action violente, terrorisme… semblent tous relever d’une même logique, voire d’une communauté d’intention.

C’est oublier un peu vite que « la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. (…) Dans le domaine politique par exemple, nous interprétons comme radical le fait de voter pour des partis hors système ou extrémistes, de participer à des actions protestataires comme les grèves ou les manifestations, ou encore de vouloir changer radicalement la société par une action révolutionnaire » . De la grève au terrorisme, il y a loin de la coupe aux lèvres…

Pourtant, comme le souligne M.J. Mondzain, « La radicalité, au contraire, fait appel au courage des ruptures constructives et à l’imagination la plus créatrice. La confusion entre la radicalité transformatrice et les extrémismes est le pire venin que l’usage des mots inocule jour après jour dans la conscience et dans les corps » .

A l’opposé, la radicalité des uns a aussi eu pour effet de nier les droits fondamentaux des autres. Et la radicalité, comprise comme étant une certitude aveugle en une idée, une cause ou une action, provoque parfois des dommages irréversibles à certains individus ou groupes sociaux. Radicalité n’est en effet pas toujours synonyme de progrès social, bien au contraire.

La Ligue des droits de l’Homme souhaite mettre ces concepts en question et en débat.
Qu’est-ce que la radicalité ? Quelle différence avec le radicalisme ? Cela recouvre-t-il nécessairement des comportements qu’il s’agit de réprouver? La radicalité est-elle ipso facto nocive en démocratie ou, au contraire, est-elle la condition nécessaire à la défense de certaines valeurs ? La radicalité mène-t-elle à l’action violente ou permet-elle de faire évoluer les esprits ? Les deux ? La radicalité est-elle compatible avec l’idéal démocratique et la recherche du consensus politique ? La volonté de faire respecter, sans concessions, les droits fondamentaux est-elle, dans une société tentée par le populisme et le repli sur soi, une nouvelle forme de radicalité ?

Afin de répondre à ces différentes questions, et aux autres qu’elles sont susceptibles de soulever, la LDH a souhaité examiner le concept de radicalité sous différents angles : historique, philosophique et politique. Ensuite, elle souhaiterait envisager ces questions dans une dimension plus pratique, à travers la tenue de différents ateliers tentant de décliner concrètement les concepts théoriques abordés en première intention.

 
Programme Matin

PROGRAMME MATIN
9h > 13h - Plénière

Introduction 
Alexis Deswaef, président LDH 

Interventions
Perspective historico-politique 
Le radical d’hier n’est-il pas parfois le mainstream d’aujourd’hui (et vice-versa) ? 
Intervenante : Anne MORELLI, docteure en histoire à l’ULB

Perspective philosophique
Une idée radicale est-elle la condition nécessaire d’une réflexion féconde ou un obstacle à l’évolution de la pensée ? 
Intervenante : Marie-José MONDZAIN, philosophe et écrivaine, directrice de recherche au CNRS. 

Perspective politique 
La radicalité est-elle un préalable incontournable à toute évolution sociétale ou rend-elle impossible le consensus ? 
Intervenant :  Nic GÖRTZ, permanent syndical et doctorant en sciences de gestion.

Débat

PROGRAMME APRES-MIDI
14h > 17h30 - Ateliers (au choix)

Atelier 1. Radicalisme et travail social : les travailleurs sociaux peuvent-ils être des freins à l’expression radicale ?
Animé par Aude MEULEMEESTER, travailleuse sociale (LDH) et un.e représentant.e du collectif Ecole en colère

Atelier 2. Radicalité et liberté d’action : comment la radicalité peut-elle s’exprimer dans un Etat démocratique ?
Atelier sous sous forme de mise en situation animé oar Stéphanie DEMBLON (Agir pour la Paix)

Atelier 3. Lutte contre les radicalismes : quels outils pour lutter contre le radicalisme, religieux et autres ?
Animé par Cédric TOLLEY, animateur sociopolitique (Bruxelles Laïque) et David SCHEER, criminologue (ULB, CLERSE-CNRS)


Mise en commun des travaux 
des ateliers en plénière et débat avec le public


Conclusions
Rapportage par les étudiant.es de la Haute Ecole Bruxelles-Brabant

 
Infos et réservations

Inscription à la journée de réflexion du 6 octobre 2017

Tarifs :

> Prix plein : 40 €
> Chômeurs, seniors, étudiants : 15 € 
> Membre de la LDH : gratuit
Vous voulez devenir membre de la LDH (cotisation 25€/12,5€)

Par courriel :  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
En objet: Journée de réflexion - Message: vos nom, prénom, (organisation), adresse courriel et statut (chômeur, membre LDH...)

Par téléphone: 02 209 62 80 – 0474 20 30 68

Par courrier : Ligue des droits de l’Homme
Rue du boulet 22 – 1000 Bruxelles
Par fax: 02 209 63 80 
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Paiement: 
Sur place 
ou
Sur le compte de la LDH "Mention Journée réflexion 0610"
Compte POSTE : IBAN : BE89 0000 0001 8285 ; BIC : BPOTBEB1

Organisateur : Ligue des droits de l’Homme asbl

www.liguedh.be  – www.liguedh.be/72430 

Inscrivez-vous à la communauté Facebook de la LDH:
Inscrivez-vous au groupe "Droits qui craquent" (exclusivement consacré à la thématique annuelle)

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@SAVETHEDATE

Ve. 6 octobre 2017
19h30: le film L'enquête de Vincent Garenq
21h15: le débat Briser le silence
Comment protéger les lanceurs d'alerte?
avec, entre autres Denis Robert (vidéo), Philippe Lamberts, Xavier Counasse,
Mireille Buydens et Pierre-Arnaud Perrouty

Réservez et payez vos places en ligne (site du CCJF) 

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La Ligue des droits de l’Homme asbl présente

L’Enquête de Vincent Garenq
avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capuletto...

2001. Le journaliste Denis Robert dénonce une vaste affaire de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale: l’Affaire Clearstream. Les groupes financiers et politiques inquiétés par ces révélations vont, par des pressions et des procès, tenter d’empêcher le lanceur d’alerte de nuire à leurs intérêts.

Projection suivie d’un débat
Briser le silence - Comment protéger les lanceurs d’alerte?

avec
Denis Robert, journaliste d’investigation et lanceur d’alerte de l’Affaire Clearstream (interview vidéo pour la LDH)
Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts/ALE au Parlement Européen
Xavier Counasse, journaliste, membre de l’équipe belge des Panama Papers (Prix Pulitzer 2017)
Mireille Buydens, avocate et professeure (ULB)
Pierre-Arnaud Perrouty, secrétaire général LDH

 

RESERVATIONS ET CONCOURS L'ENQUETE

Les éditions Dargaud  et la LDh vous proposent de
gagner une intégrale de 

L'Affaire des Affaires 
de Denis Robert, Yan Lindingre et Laurent Astier

Comment?

En réservant votre place pour la projection-débat du 6 octobre 2017

Un tirage au sort désignera le/la gagnant.e avant le début du film 

Réservations
Tarif: 5€
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  - 02 209 62 80 - 0474 20 30 68
ou
Réservez et payez vos places en ligne (site du CCJF) 

Plus d'info sur notre partenaire: www.dargaud.com 

 

 

Plus d'infos sur les lanceurs d'alerte

> Lire l'article Quand la liberté d’information se retrouve sur le banc des accusés
par Sophie Dayez et Anthony Ortiz

Lire la recension de l'Affaire des Affaires, le roman graphique (Dargaud) de l'histoire de Denis Robert et de l'Affaire Clearstream

Lire la recension

A mi–chemin entre le thriller politico-financier, l’autobiographie et l’enquête journalistique, «l’Affaire des affaires» prouve que la bande dessinée peut aussi être un passionnant support d’information, de réflexion voire d'investigation, accessible à tous. En abordant les deux affaires Clearstream, Denis Robert et Laurent Astier s'attellent à un titanesque travail de pédagogie juridico-économico-financière et rappellent l'impérieux besoin, en démocratie, d'une justice intègre, de médias indépendants... et de citoyens courageux. 

Denis Robert, ancien journaliste de Libération, nous entraîne dans les coulisses fiscalement paradisiaques des chambres de compensation internationales et dans l’enfer des manipulations politiques, de la censure et du harcèlement judiciaire. 

Raconté à la première personne, ce récit, qui se lit comme un roman. Il expose avec pédagogie les processus de dissimulation de transactions financières au niveau mondial et leur coût social à travers dix ans d'enquêtes, de procès, de condamnations et de rebondissements. Il pointe de manière lucide la perversité de mécaniques financières, judiciaires et politiques qui dévoient nos démocraties et participent, en utilisant les deniers publics à des fins d’enrichissement personnels, à la précarisation sociale. «Le financement de la vie publique a bon dos, surtout quand l’argent est black et revient de Zurich ou d’Antigua (…). Commissions sur les marchés à l’export, commissions sur le montage d’une usine d’incinération, commissions sur la construction de lycées, de ponts, de tribunaux, de grands magasins… Quelque chose est vicié dans la chaîne économique». 

Vigilance et autres conséquences 
A travers cette aventure éditoriale remarquable, Denis Robert appelle à la vigilance, propose des outils concrets pour lutter contre le crime financier (il a réuni en 1996 sept grands magistrats anti-corruption pour lancer «l’Appel de Genève» visant à créer un espace judiciaire européen) tout en pointant les dangers personnels encourus par ceux et celles qui tenteraient, comme lui, d’enrayer ces machines à broyer de la mondialisation (procès en cascade, pressions politiques et médiatiques…). Les conséquences de cette affaire sur la vie, privée et professionnelle, du journaliste sont à cet égard particulièrement bouleversantes. 

Et la mésaventure de Denis Robert de faire douloureusement écho à celle que traverse aujourd'hui Antoine Deltour dans le cadre du LuxLeaks, dans un contexte que la Directive "Secret des Affaires" a rendu encore plus complexe et périlleux pour les lanceurs d'alerte. Malgré cette épée de Damoclès particulièrement inique, les révélations (Panama Papers, Malta Files…) visant à tenter d'amener sous une lumière crue ces systèmes viciés et injustes qui se nourrissent de l'ombre. Et à cet égard, "L'Affaire des Affaire" est indubitablement un ouvrage éclairant. Mais pendant ce temps, les affaires continuent...  

«L’Affaire des affaires, l'intégrale» de Denis Robert, Yan Lindingre et Laurent Astier, Dargaud 2015