Pourquoi une édition de "7/24:30!" sur le travail et la citoyenneté?
Article 23 de la DUDH
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
La démocratie libérale envisage le travail sous l’angle univoque d’une activité aux objectifs exclusivement économiques et productif dans lequel compétitivité et concurrence constituent les indépassables valeurs.
Pourtant, une analyse plus politique de ce qui se passe au sein du microcosme des entreprises peut être utile pour comprendre l’évolution de la citoyenneté tant en son sein que dans la société qui l’entoure. Car loin d’être étanche à celle-ci, le travail est un moment et un lieu où se construisent des rapports sociaux bien plus subtils que la froide recension de l’organigramme hiérarchique. Au-delà de la recherche du profit ou du calcul commercial, des aspirations et des valeurs communes peuvent voir le jour au sein des entreprises. Ces valeurs et l’organisation des rapports qui se développent entre ses acteurs construisent la manière dont l’entreprise sera vécue : le travail peut ainsi devenir, à divers degrés, un lieu de conflit ou de solidarités, un lieu d’émancipation ou d’exploitation, un facteur d’intégration ou d’aliénation. Ces valeurs détermineront également la manière dont l’entreprise envisage sa responsabilité vis-à-vis du corps social.
Mais alors que le discours politique définit de manière répétée et constante que le travail constitue le seul vecteur efficace d’accès à la citoyenneté pleine et entière ou à l’émancipation, on assiste pourtant à une détérioration de ses conditions (flexibilité, sous-traitance généralisée, recul de la démocratie sociale…) et, ce faisant, à une perte de qualité de celui-ci. Comment concevoir que ce travail sans qualité soit une modalité d’accès à la citoyenneté, plutôt qu’à la résignation ou au repli sur soi ?
Comment, dans ce contexte, envisager l’intégration de certains publics qui sont, plus souvent que d’autres, contraints de travailler dans des conditions ne correspondant pas à leurs aspirations (interim, mi-temps…) ? Et qu’en est-il des personnes sans emploi ou en dehors du marché du travail ?
A l’heure où le plein emploi ne constitue même plus une utopie, le travail est-elle vraiment l’activité absolue d’émancipation ?
N’est-il pas temps d’envisager d’autres manières de travailler, d’intégrer plus de démocratie dans le système décisionnel voire, de manière plus radicale, de dépasser le travail comme référence absolue de la construction de soi ?
Cette cinquième édition de « 7/24 :30 ! » a pour objectif d’ouvrir un espace de réflexion autour des liens entre le travail et l’exercice de la citoyenneté.
Loin d’être un moment réservé au seul usage des militants, ses activités tentent, par leur diversité (débats, théâtre, expositions, conférences, balades thématiques…), d’offrir à toute personne intéressée une approche qui lui conviendra pour aborder ce thème.
Nous vous donnons rendez-vous à la Fonderie du 20 au 22 septembre prochain ou près de chez vous, en amont ou en aval de ces dates, dans le cadre de nos activités décentralisées.
Visitez également ce site: vous y trouverez, dès le mois de juillet, de nombreux dossiers et articles en ligne abordant la thématique « Travail et citoyenneté »














