|
Mardi, 27 Juin 2006 12:49 |
« Nous ne sommes pas des terroristes intellectuels »
C’est en ce lundi 26 juin que le Comité de vigilance en matière de lutte contre le terrorisme a présenté, au sein même du Parlement, ses motivations et ses objectifs.
Les membres* du Comité justifient la création de celui-ci par le fait qu’ils soient tous soucieux de la sécurité des citoyens belges. Ils sont pourtant unanimes sur le fait qu’il soit normal de lutter contrer le terrorisme mais qu’il faut cependant que sa définition soit précise car, en cette matière, le flou permet toutes les dérives. Le Comité vise à suivre l’application des normes anti-terroristes adoptées, ou en voie de l’être, et à dénoncer les dérives qu’elles impliquent. Il s’engage à établir annuellement un rapport sur l’état de la lutte contre le terrorisme en Belgique pour s’assurer que les lois ou arrêtés ne violent pas les libertés fondamentales : « Ces lois ne peuvent pas être appliquées à tout le monde mais bien dans des cas spécifiques. Notre volonté est d’empêcher que l’on soupçonne des innocents, que le mandat de lutte contre le terrorisme n’excède pas les limites. Il faut faire pression sur l’exécutif », dit le porte-parole du Comité, Dan Van Raemdonck. Celui-ci a ajouté que malgré les associations représentées, chacun gardait son autonomie et était membre du Comité à titre individuel.
Benoît Van der Meerschen, président de la Ligue des droits de l'Homme, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (Centre National de Coopération au Développement) et membre du Comité, a ajouté que puisque la lutte contre le terrorisme permettait tous les excès, c’est toute la société civile qui doit être mobilisée. Celui-ci ne trouve pas que la naissance d’un tel Comité soit un événement heureux car elle prouve qu’il y a bien un disfonctionnement : « Toute la solidarité internationale est inquiète », dit-il.
Pour ce qui est des affaires en cours, la Ligue des droits de l’Homme a annoncé qu’un nouveau recours allait être introduit auprès de la Cour d’arbitrage contre la loi sur les méthodes spéciales de recherche. Il s’agit d’un recours contre la loi réparatrice qui a été adoptée par le parlement après l’annulation par la Cour d’arbitrage de certaines dispositions de la loi initiale. Les nouvelles dispositions ne seraient toujours pas suffisantes, notamment en matière de contrôle des comptes bancaires, de contrôle du courrier, de contrôle téléphonique ou encore de contrôle visuel discret.
Le Comité dénonce également la loi sur les infractions terroristes et le « screening » effectué par la Sûreté de l’Etat dans certaines circonstances. Il attire de même l’attention sur la situation des ex-détenus de Guantanamo, sur le procès du DHKC/ALN ou encore sur la détention de Bahar Kimyongur.
L’utilisation qui est faite des instruments répressifs pose de nombreuses questions en matière de protection des libertés fondamentales et des droits de l’Homme. Le premier rapport du Comité est d’ores et déjà annoncé pour la fin de l’année 2006.
Le dossier de presse de présentation du Comité T est disponible en cliquant sur le lien.
*Associations à la base de l’initiative :
- Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Aide aux Citoyens (Attac Wallonie-Bruxelles) - Centre d’Action Laïque (CAL) - Centre National de Coopération au Développement (CNCD-11.11.11) - Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (CLEA) - Liga voor Mensenrechten (LVM) - Ligue des droits de l’Homme (LDH) - Observatoire International des Prisons (OIP) - Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT-Europe) - Syndicat des Avocats pour la Démocratie (SAD) |